Avec Samy au Puy de Sancy

Publié le par Nicolas

Jeudi 26 avril au soir :

mon téléphone sonne, c'est Sam (un copain Marsien) qui est motivé pour profiter du long week-end du 1er mai pour partir en rando. En voilà une idée qu'elle est bonne! Après avoir hésité avec la Bretagne comme destination, nous optons finalement pour le Massif Central, une terre inconnue pour les quasi bretons que nous sommes.


Vendredi 27 avril :

Après le boulot, je file au vieux campeur acheter un topo guide et une carte du Massif Central. Certes nous sommes un peu à l'arrache, mais pas encore suffisamment téméraire pour partir complètement à l'inconnue.

Ensuite j'enchaîne par un passage dans une agence SNCF pour prendre mes billets de trains: départ le lendemain pour Limoges où je dois retrouver Sam qui viens d'Angers en voiture. Retour à mon appartement pour préparer mon sac de rando, que je ne pensais sortir si tôt cette saison.



Samedi 28 avril :

Après 3 heures de tortillard, j'arrive à Limoges. Sam n'étant pas encore là, je suis obligé de m'installer à une terrasse de café au soleil. Ce dernier est tellement présent que je suis obligé de sortir mes lunettes de soleil: dur, dur...

Une petite heure plus tard, la fine équipe est constituée. Direction : le Mont Dore! Il faut dire que pendant les 3 heures de train, j'ai eu le temps de potasser le topo guide et de préparer notre petit périple. Au programme de ces 3 jours : les alentours du Puy de Sancy, point culminant du Massif Central.

Je ne sais pas si le soleil m'a déboussolé mais je parviens à nous perdre dans la banlieue de Limoges. Heureusement ce petit détour n'est pas complètement perdu puisque nous passons dans une zone commerciale. Nous en profitons pour acheter le nécessaire de survie à toute rando qui se respecte: pâtes, fruits secs, pâte d'amande, ... mais surtout: saucisson sec, jambon, fromage et chocolat!

Décidement, je suis en grande forme aujourd'hui, en voulant prendre les petites routes touristiques, je nous perds une deuxième fois dans les environs d'Ussel. Maigre consolation, nous voyons passer une biche devant la voiture sur une route que nous n'aurions jamais du prendre. Quelques gouttes d'eau ont fait leur apparition, et dire qu'il y à peine une heure le ciel était dégagé.

Nous arrvions enfin au point de départ au pied du Puy de Sancy, il est déjà 16h30! Le temps de nous équiper et nous entammons notre périple sous un ciel légèremement menaçant. Heureusement, nous n'avons qu'une petite étape à faire: 400 m pour atteindre le col de la cabane, puis descente dans la vallée de la fontaine salée pour un bivouac 400 m plus bas.

Je piaffe d'impatience et je pars au quart de tour dans cette première montée. J'ai le sentiment que c'est au plus grand damne de Sam qui aurait préféré une permière phase d'acclimatation. Il reste encore quelques traces de neige, mais les névés ne sont pas bien nombreux. C'est a priori plutôt rare à cette époque de l'année.


La vue du col est belle, dommage que le temps soit encore un peu couvert. Je ne vois que plateux qui verdoient et lacs qui chatoyent.

Nous basculons sur le versant sud du Sancy. Décidemment je suis en grande forme aujourd'hui, jamais deux sans trois, je vous le donne en mille Emile! Je parviens à nous égarer, une performance quant on sait qu'on est sensé suivre les marques du GR. J'entraîne donc Sam hors sentiers sur les pentes du Puy Gros. C'est loin d'être catastrophique puisque nous évoluons au milieu des jonquilles sous un soleil qui a refait son apparition. Il y a juste deux petits passages délicats : un petit bois assez dense à traverser et une zone marécageuse. Si le premier défi se passe bien, les chaussures et le pantalon de Sam ne sortent pas indemnes du passage en zone humide...

L'heure étant déjà avancé (19 heures), il est temps de trouver une aire pour bivouaquer. Un petit champs nous tends les bras avec tout le confort moderne: une doublure herbeuse de nos matelas pour une nuit reposante, une baie vitrée (sans vitres) avec vue imprenable sur le Puy de Sancy et une baignoire...

 


L'avantage de cette baignoire, c'est qu'elle est tellement loin de toutes civilisations que nous pouvons en profiter dans le plus simple appareil. L'inconvénient, c'est que vu qu'il s'agit d'eau de montagne, nous avons bien du mal à en profiter longtemps... Sam n'ira pas au dessus des genous!

Au menu ce soir pour préparer une deuxième journée qui s'annonce intense : saucisson et pâtes au Saint Nectaire. Une petite averse orageuse nous contraint à déguster notre repas sous la tente, aaahhh le chame du bivouac. Nous sombrons ensuite rapidement dans le sommeil.

 

 


 



 



Dimanche 29 avril :


Réveil à 6h30 sous un ciel dégagé. Thé, café, pain d'épice, démontage de tente et nous entamons notre deuxième journée vers 7h30. Nous poursuivons la descente entamée hier. Celle-ci se déroule en sous bois ce qui est des plus agréable. Ensuite les paysages prennent une petite teinte bretonne: de petits valons parmis lesquels sont disséminés de nombreuses fermes et des enclos de pierres.

Après 2h30 de marche nous retrouvons un semblant de civilisation à Picherande. C'est l'occasion de compléter notre ravitaillement de la veille par des oranges et du saucisson (j'ai peur qu'un seul ne soit pas suffisant...).

Le sentier s'élève ensuite vers une tourbière. A mon plus grand désarrois, les marques ont une nouvelle fois disparues. En fait nous n'aurions jamais dû passer par la tourbière, ce détour aura au moins eu le mérite de nous faire découvrir un nouveau paysage. En revanche pour rejoindre le GR nous préférons couper à travers bois. Après quelques menus obstacles : pierriers, racines et autres clôtures barbelées (ou accroche-couilles : nom provenant de craintes heureusement infondées. Il fait dire qu'avec un sac entre 15 et 20 kg, nous ne sommes pas très agiles pour enjamber ces clôtures) nous retrouvons le droit chemin.

Nous longeons ensuite une petite rivière (la Barthe), puis progressivement le sentier s'élève de nouveau pour aboutir à une cascade somme toute impressionnante.

Après 4h30 de marche, nous atteignons le lac Chauvet pour une pause déjeuner attendue. Sam commence à montrer des signes de fatigue et à se plaindre du dos... aïe, nous avons à peine fait la moitié du chemin.

Le lac Chauvel est un reste d'une époque lointaine où cette zone était en pleine ébullition volcanique. Sa formation provient de la rencontre entre une remontée magmatique et une poche d'eau. Les contraintes qui sont alors apparues ont été telles qu'une explosion s'est produite. Le cratère ainsi formé s'est rempli d'eau et a conduit à la formation d'une « maâr » (nom de ce type de lac). La profondeur ce lac est quant même de 80 m... pas négligeable!

Pour nous remettre de nos émotions de la matinée, le déjeuner est un grand classique : saucisson, jambon de montagne, cantal et fruit! Avec ça nous voici de nouveau d'aplomb (du cantal, désolé pour le jeu de mots) pour la suite de la journée.

Nous tournons définitivement le dos au Puy de Sancy pour longer un plateau qui nous conduit plein sud. Maintenant que nous suivons les marques du GR, nous trouvons sur notre chemin des « passe-couilles », beaucoup plus pratique pour passer les clôtures.

Le soleil cogne fort en ce milieu d'après midi, il nous contraint même à nous réfugier dans un bar arrivés à Eglisneuve d'Entraigues. Bien que nous ayons songés à une petite bière, nous préfèrons rester raisonnable et optons pour un Coca bien frais.

Avant de repartir, en prévision du bivouac du soir, je fais le plein d'eau (3 litres). Une fois de plus le sentier repart à la hausse, on aura bien fait le yo-yo. Ici encore, surprise, au détour du sentier, une nouvelle cascade fait son apparition. Décidement, ce parcours est plein d'agréables surprises.

 

Sur le plateau qui suit, nous croisons de nombreuses vaches à la robe marron et aux cornes impressionnantes. Il ne ferait pas bon se faire charger par l une d'elles. Il s'agit de Salers, vache typique du Massif Central, réputée pour son viande et son lait et bien sûr pour le Saint Nectaire qui en découle...

Le temps se couvre en fin d'après midi. A peine le temps d'arriver à Espinchal qu'une averse éclate : Asile, asile! Nous avons beau nous époumonner, les portes de l'église restent malheureusement closes. Pour tout abris, nous nous contenterons du porche.

Nous patientons une petite demi-heure dans l'attente d'une accalmie, qui ne viendrait pas... nous résistons à la tentation du gîte qui nous fait face et reprenons notre chemin pour la dernière étape de la journée.

En fait, si l'accalmie est intervenue une heure plus tard, juste à la fin de l'étape à notre arrivée au village de La Godivelle... Vu l'état de fatigue et la petite douche que nous venons de prendre, nous optons pour une nuit en gîte. Après 10 heures de marche, 38 km et environ 1000 m de dénivelé, je crois que c'est une juste récompense.

 

De toute façon, je crois que Sam n'aurait pas survécu à une nuit sous la tente avec des pâtes pour seul repas. A peine le sac posé, il s'écroule sur le lit. Hélas, pas de repos pour les braves, nous sommes attendus 10 minutes plus tard pour le repas. Le temps de prendre une douche, chaude cette fois et nous descendons dans la salle à manger. Sam me précise alors que vu son état de fatigue, il a pris sa douche assis.

Un petit feu brûle dans la cheminée... on nous propose une bière locale à la racine de gentiane en apéritif (bière de la brasserie Salers). Nous ne nous sentons pas la force d'y refuser. Elle est excellente, par contre vu les efforts consentis dans la journée, elle me tourne déjà la tête. Il est grand temps de manger. Une bonne omelette aux cèpes et un bon plateau de fromages plus tard, je me sens déjà nettement mieux. Sam par contre semble rester en mode radar. Je ne le retrouverais que le lendemain matin... En discutant avec notre hôte, j'apprends qu'il est originaire du 93 (Aulnay) et qu'il a tout plaqué pour venir monter son gîte. Tiens, tiens, voilà peut être une idée qui pourrait peut être germer plus tard...

 


J'abandonne Sam à un sommeil réparateur et je pars me balader une petite heure pour profiter de la tombée de la nuit. La fraîcheur du soir est bien agréable. Quelques photos plus tard, je regagne le gîte pour sombrer également dans un sommeil sans rêves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Lundi 30 avril :

Réveil à 6h30. Je laisse Sam terminer sa nuit et vais profiter du lever de soleil aux bords des lacs environnants. Le lac d'en haut pour celui qui se trouver au dessus du village et le lac d'en bas pour celui qui y est au pied: c'est d'une logique imparable comme noms!


Un bon petit déjeuner plus tard et nous sommes sur le point d'entammer le chemin du retour. Juste une dernière petite formalité, nous n'avons pas manqué de repérer la veille que le gîte propose à la vente des produits régionaux. Je remplace donc le surplus d'eau que j'ai porté la veille pour un bivouac qui n'aura pas eu lieu (Argh!!!) par un deux pots de miel et de pâté.

Le ciel est parfaitement dégagé et une petite brume matinale nous accompagne pour nos premiers pas. La mise en route est un peu difficile, le temps de dégripper les jambes des courbatures de la veille.

Heureusement, le cadre est enchanteur, après un petit passage en sous bois, nous parcourons un plateau couvert de fleurs (notamment des pensées) avec vue sur le massif du Sancy au loin.

Nous profitons de notre passage à Compain, charmant petit village niché au creux d'une vallée, pour faire une petite pause pain d'épice fruits secs. Nous nous arrêtons à côté d'une église romane dont la porte a conservé ses ferrures du Moyen Age.

Notre périple se poursuit ensuite avec le passage par le lac de Montcineyre (mont des cendres). Ce nom vient également de cette époque trouble où le Massif Central était encore jeune et en pleine activité. La formation du lac vient d'une coulée de lave qui a créé un barrage, créant ainsi une retenue d'eau.


La matinée est déjà bien avancée et les efforts de la veille commencent de plus en plus à se faire sentir. Il est grand temps d'arriver au lac Pavin (une Maâr) pour une pause une fois de plus salvatrice. Après un repas de rando traditionnel, Sam entamme une petite sieste au soleil pendant que je me plonge dans de la lecture.

Si la sieste a enlevé une partie des traces de fatigue de Sam, elle en a laissée de nouvelles. Son visage est zebré par les marques de son sac à dos, qui lui a servi d'oreiller de fortune. Le ciel commence de nouveau à se courvir.

Nous touchons presque au but, et approchons de plus en plus du terme de notre périple. Un dernier obstacle se présente à nous : un chemin de croix (au propre comme au figuré). Cela tourne même au calvaire lorsqu'à la fin du chemin, l'orage éclate. Heureusement une petite chapelle est à proximité. Asile, Asile, Asile! Mais hélas nous n'avons toujours pas de réponse et les portes restent désespéremment fermées. Une fois de plus nous nous contentons d'un maigre porche pour abris.


Il était temps parce que nous sommes juste sous l'orage. La pluie, puis la grêle se succèdent, accompagnées d'éclairs et de tonnerre. Nous sommes aux premières loges, alors qu'une place éloignée de la scène principale au fond de la salle nous aurait largement suffit.

Cela finit par se calmer et nous terminons notre périple par une dernière petite étape pour rejoindre la voiture.

Nous rentrons tranquillement en voiture dans notre patrie (Oudon et Saint Mars du Désert). Cela fait du bien d'être confortablement assis dans une voiture. Nous en venons presque à oublier nos courbatures. Mais après 6 heures de transports, elles se rappellent cruellement à notre bon souvenir à la descente de voiture.

Nous sommes fourbus, mais ce périple aura été l'occasion de découvrir un massif aux paysages superbes et variés où il fait bon se changer les idées.

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Publié dans Rando

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