Un pour tous, tous pour un, vive le Mousquetar!

Publié le par Nicolas

A peine la journée de boulot terminée que je prends la direction de gare de Lyon pour retrouver Aramis : direction Toulon pour quatre jours sur le Mousquetar, fleuron de la marine malouine. Nous y retrouvons le capitaine de la garde avec son carosse, ainsi qu'Athos. Constance est également du périple mais, comme toute gente dame qui se respecte, n'a pas fait le voyage avec Aramis et Porthos.

Il est déjà minuit lorsque nous arrivons à bord, fourbu de notre voyage. La négociation des quartiers s'avère difficile. Si le capitaine a son carré réservé, Athos et Constance se dispute le deuxième espace nocturne dont la surface est un tant soit peu développée. Il faut dire que sur un voilier de douze mètres, l'espace est optimisé. Constance, peut être à cause de son statut de roturière, cède face aux nobles origines morlaisiennes d'Athos, et prend possession de la deuxième cabine avant aux lits superposés, la première m'étant dévolue avec Aramis. Je m'endore facilement avec les bersements du voilier.

Le soleil est largement au rendez vous pour cette première journée. Le petit déjeuner sur le pont n'en est que plus agréable. Pendant que les moussaillons Porthos et Aramis nettoient le pont du navire et finissent de l'armer (le capitaine, ayant déjà bien fait les choses, a bien pris le soin d'acheter moultes victuailles), le capitaine va chercher le dernier membre de cette équipée, vous l'aurez compris voilà d'Artagnan. Il nous arrive d'ailleurs dans un bien mauvais état, à croire que sa dernière aventure a été agitée.

Nous appareillons rapidement pour prendre la direction de Porquerolles. Point de bijoux de la reine ou de vague complot à déjouer cette fois-ci, mes compagnons et moi sommes juste au repos. Le vent est bien au rendez vous mais nous l'avons de face. Cela nous permet tout de même de hisser la grand voile et le gênois, mais l'objectif Saint Tropez sera difficile à atteindre. Quel bonheur lorsque le bruit du moteur s'est arrêté et qu'avec le seul vent nous nous sommes mis à progresser. Rapidement, le voilier se met à gîter et s'en va fendre la houle, nous agrémentant au passage de quelques embruns. Chacun vaque à ses occupations : barre pour l'un, lecture pour certains, sieste pour les autres (en particulier d'Artagnan qui a besoin de se remettre de ses émotions). Le capitaine a pleinement confiance en ses hommes et en la femme du bord, puisque chacun peut s'essayer à la barre. C'est un réel plaisir de guider se fameux un mat, fin comme un oiseau.

Nous arrivons en fin d'après midi à Porquerolles pour y amarrer le Mousquetar, excès de confiance oblige après une journée sans encombre, la manoeuvre est laborieuse. A peine à terre qu'Aramis part faire du charme à l'hôtesse de la capitainerie (à raison soit dit en passant). Histoire de se maintenir en forme, le capitaine emmène une partie de ses troupes (Aramis, d'Artagnan et Porthos) faire un petit footing. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les sentiers de l'île s'y prêtent particulièrement bien. Nous manquons même de peu de ramener un faisan pour le repas du soir. Tant pis, nous nous contenterons de pâtes carbonara. En bons marins qui se respectent, nous prenons pour apéritif une bonne lampée de rhum. Constance, beaucoup plus raisonnable, se limite à un petit muscat, statut de gente dame oblige. Malgré l'arrivée de d'Artagnan, Athos ne cède pas à Constance sa place dans le carré des privilégiés. Contre les bonnes moeurs, d'Artagnan et Constance feront donc chambre commune.

 

Fidèle à mes habitudes, je me lève à l'aube, et gourmand que je suis, m'en vais chercher pain frais et croissants. Vu la quiétude qui règne à mon retour sur le bateau, je pars faire un petit footing, qui cette fois ci se termine en baignade dans une eau turquoise.

Vu que le soleil est encore au rendez-vous, le petit déjeuner est toujours aussi agréable. Le vent fait toujours des siennes et est bien décicé à nous faire face, mais au moins il est là. Nous passons encore une après midi de navigation à profiter des embruns, pour arriver sur la petite île de Port Cros, réserve naturelle. Nous mouillons dans une baie cernée de châteaux et forteresses vauban, c'est d'époque pour les mousquetaires non? Je profites du doux ronronnements de mes camarades pour lire un peu et préparer l'annexe pour une mission nocturne à terre. Enfin mission, il s'agit surtout d'aller ripailler dans l'une des trois auberges que compte l'île (soit presque un batîment sur deux vue l'urbanisation). Ce repas marin est excellent, avec au programme : loup de mer (ou bar pour les bretons), moules, soupe de poisson, gamabas, ... Porthos, fidèle à ses habitudes gargantueques termine par une grosse coupe glacée.

 

Réveil une fois de plus matinal, cette fois-ci en même temps que d'Artagnan. Nous empruntons  l'annexe pour partir à la découverte de l'île et de ses forteresses. Notre ballade se transforme progressivement en footing sur des chemins escarpés mais au combien agréables. Ces derniers nous mènent au sommet de l'île (200 m), où nous avons une vue imprenable sur l'archipel. De retour au bateau, nous calmons nos ardeurs matinales par un petit plongeon au mouillage au milieu de nombreux poissons. Malgré le manque de soleil, ce n'en est pas moins agréable.

Après deux jours à faire route vers l'est, nous repartons vers l'ouest. Le vent continue à faire des siennes et souffle maintenant à l'est, du coup nous l'avons encore dans le pif... Enfin il souffle timidement dans un premier temps, il aura mis un peu de temps à se lever. Cela nous laisse l'occasion de faire une sympathique partie de trouduc en mer entre hommes. Constance préfère elle une activité nettement plus culturelle : tout simplement de la lecture.

 

 



L'heure du déjeuner approchant, je m'attache à cuisiner en mer une salade qui n'a de salade que le nom vu le peu de légumes et sa riche teneur énergétique (gésiers, lardons, pâtes, comté et deux petites tomates)! Avec le bateau qui a repris à gîter, cela devient sport de faire cuire des pâtes, lardons et autres gésiers. Nous dégustons ce met raffiné au mouillage sur une plage près de Porquerolles, pas loin de nombreux bourgeois en yachts et de vils anglais qui profitent encore un peu de cette journée dominicale. Athos nous abandonne ce soir toutes affaires cessantes pour regagner la capitale, juste le temps de prendre un dernier verre en ville en sa compagnie.

Aramis est à la tambouille ce soir et, fidèle à sa réputation de finesse et de simplicité, nous concotte  un bon flan de courgettes accompagnés d'escalopes (également aidé par Constance pour la petite touche féminine). En même temps, nous entamons une partie de couinche : d'Artagnan et Aramis nous mettent à l'amende (Constane et Porthos), difficile de battre un vieux couple de mousquetaires aguerris. Cette dernière soirée est un peu arrosée. Les discussions vont bon train avec des histoires de tonneaux de pommes (normal sur un bateau), et autres sujets divers et variés, classiques pour de jeunes gens un peu éméchés. Le beateau commençant à tanguer, à moins que ne ce soit qu'une impression, nous partons à terre. Le capitaine, sous le poids de ces responsabilités, refuse de nous suivre dans les bas fonds de Porquerolles.

 

La mer est d'huile pour cette dernière journée. Après une mission pain frais, un grand classique de gourmandise, je pars faire un footing avec d'Artagnan. Le départ se fait au moteur avant de hisser la grand voile et le gênois. Vu le calme, la capitaine m'offre l'opportunité d'un peu d'exercie, je m'en vais me dégourdir les jambes et les bras à la vigie : quelle vue!

Pour finir en beauté, et le vent ayant fini par timidement se lever, nous sortons le spi! Tout le monde se met à la manoeuvre. Nous filons ensuite à bonne allure sur une mer bien calme, c'est dès plus agréable et quelle impression de prestance se dégage avec une telle voilure. Hélas les meilleurs choses ont une fin, tout le monde se remet à la manoeuvre pour abattre les voiles, non sans un petit pincement.

Direction ensuite un mouillage dans la rade de Toulon pour un dernier repas sur le bateau, une fois de plus au soleil. Nous abandonnons Constance au port et prenons la direction de chantiers pour désarmer le navire et le sortir de l'eau. Peut être pour la première fois du séjour, nous faisons preuve de galanterie et de savoir vivre et lui évitons un travail laborieux (il faut dire que nous n'avons peut être pas toujours été fin). La besogne terminée, nous regagnons par navette maritime la gare de Toulon, puis la gare de Lyon et la capitale, des images pleins la tête, et une tête aux couleurs dorée.

 

Merci à mes joyeux compagnons pour ce grand et beau week-end sous le signe de la bonne humeur, du soleil et de la poésie.

 

Dans les rôles

du capitaine : Mathieu,

d'Aramis : Jean (alias El Jeannot, mais surtout pas lapin, il paraît que c'est mal vue sur un bateau),

d'Athos : Tristan,

de d'Artagnan : Seb,

de Constance : Charlotte (alias Choupinette)

et de Porthos : Nicolas.

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Publié dans Amis

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