Tour du Manaslu

Publié le par Nicolas


J1 : Paris - Bahrein :


J'arrive de bonne heure à l'aéroport et il n'y a encore personne au bureau terre d'aventure. Je patiente tranquillement avant de prendre progressivement connaissance de l'équipe. Francis se voit rapidement confié les rennes du groupe, ancien patron il semble habitué aux responsabilités! Je me trouve à côté de Jean Paul, coiffeur alpin à ses heures perdues. Nous arrivons à Bahrein en fin de journée. Il nous faut tout d'abord nous armer de patience, pas moins de 3 contrôles nous attendent avant de pouvoir sortir de l'aéroport. Les indications ne sont pas très claires pour trouver le bus mais nous finissons par trouver notre chauffeur. A peine sorti que nous prenons un gros coup de massue, il fait un bon 27°C! Heureusement (quoique) le bus est climatisé. Nous traversons Bahrein et découvrons un petit royaume de la démesure niché sur une ile désertique : luxe, tours desings à perte de vue et point de petites voitures à l'horizon. L'hôtel tranche avec cette atmopshère avec un aire désuet, voir un peu glauque et surtout à moitié boite de nuit. Le repas est simple et épicé, avant goût de nos mets futurs.

Je partage ma chambre avec Olivier, expert comptable. Je m'endore rapidement malgré les ressorts qui me titillent les côtes et les bass de la boite de nuit.


J2 : Bahrein - Katmandu :


Le réveil est très matinal : 3h30. Pas le temps de prendre un petit déjeuner, nous filons à l'aéroport (cette fois ci en deux navettes donc moins tassés). L'embarquement se déroule sans encombre, de nombreux népalais complètent la population de trekkeurs. Ils sont probablement ici pour le travail. Le voyage est animé elec.jpgpar un groupe de Népalais qui a décidé de bien boire et de fumer dans l'avion. Je suis placé à côté de Jean Jacques alias JiJi, doyen du groupe du haut de ses 71 ans. C'est déjà son troisième voyage au Népal et il a fait l'effort d'apprendre quelques bases de Népalais afin de pouvoir échanger un tant soit peu avec la population locale. Le petit déjeuner est rude, vu qu'il est épicé. A peine arrivés que nous sommes harcelés par une foule de porteurs souhaitant s'occuper de nos bagages. C'est une vrai bataille pour obtenir des charriots. Nous découvrons Ram notre guide, petit homme au visage rayonnant. Nous recevons une petite écharppe de soie. Le trajet vers l'hôtel nous offre un premier aperçu de Katmandu. Je crois que le terme capharnaum est plutôt bien adapté. Ca klaxonne de toute part, des motos nous doublent de partout quant ce ne sont pas des taxis voir des camions (de chez Tata, c'est son royaume). Les quelques policiers de la circulation, vu leur air dépité devant le flux, semblent plus là pour le folklore. Le réseau éléectrique est une véritable sac de noeuds, au propre comme au figuré. Il semble qu'en cas de panne, on ne s'embête pas à la chercher, on passe une nouvelle ligne... et des pannes visiblement, il y en a souvent! De nombreux fers à bétons dépassent souvent du dernier étage des bâtiments, en attente d'un étage supplémentaire.

L'arrivée à l'hôtel tranche avec le brouhaha local. Il s'agit d'un vrai temple du luxe. Nous sommes acueillis par un thé glacé à la rose rafraichissant. Je file dans ma chambre enfiler mon maillot de bain et prends la direction de la piscine pour un bon moment de détente, détente accentuée par la présence d'un bain bouillonnant à la chaleur délicieuse, un dernier goût de confort avant le début de la grande aventure.

Nous retrouvons à 18h00 le jeune poulain de notre groupe de rouenais (ces études sont subventionnées par nos amis). Il nous entraîne dans la quartier de Bodnat, à la lumière de son portable et des phares de motos vu q'une panne d'électricité touche le quartier. J'apprendrais plus tard que ces coupures sont programmées et qu'il existe un semainier précisant les périodes de coupures (généralement de 3 heures). Après avoir fait le tour d'un superbe stupa (monument boudhiste) nous partons en quête d'un monastère. Le long du chemin, nous découvrons avec surprise de nombreuses échoppes d'artisans dédiés. Je crois que c'est la boucherie qui m'a le plus marqué. Voir de la viande rouge à même l'étale sans aucun moyen de ocnservation ne manque pas de surprendre mes habitudes asseptisées d'occidental. La visite en nocturne du monastère donne une atmosphère mystique. Nous échouons ensuite à la terrasse d'un restaurant avec une vue imprenable sur le stuppa. La curiosité nous pousse à demander un petit peu de chaque plat typique de la région : dahl bat (riz lentille), momo (raviolis), plus un autre plat dont j'ai oublié le nom, avec une soupe une entrée. Le hic, c'est que la notion d'un petit peu pour les plats des touristes est plus que discutable. Les plats s'enchaînent et nos estomacs peinent à suivre.

Sur le chemin du retour, je pars en quête d'un distributeur. Je traverse la rue à la vue de la précieuse caverne. A ma grande surprise, je suis suivi par un étrange petit homme en uniforme. Le doute s'installe avant que je comprenne qu'il s'agit du gardien du distributeur. De toute façon, je ne risquais pas de donner grand chose, vu que je n'arrive rien à en tirer, il ne prends que les cartes Visa. Je tente ma chance au comptoir de l'hôtel pour me voir de noueau refuser tout retrait. De dépit je m'en vais me coucher.


J3 : Katamandu - gorkha :


Petit déjeuner complet à l'occidentale. Je finis par sortir de l'argent à l'accueil. C'était bien la peine de se lever si tôt vu que le bus est en retard. Olivier est joueur et craignant peut être de la simplicité du périple à décidé de le pimenter : il s'est cassé un orteil contre le pied de son lit. Pour son retour, il faudra qu'il songe à une raison un peu plus en ligne avec l'esprit d'aventure du voyage, par exemple une fracture suite à une lutte acharnée avec le Yéti...

La sortie de Katmandu se déroule sans trop d'encombre. Nous nous arrêtons au milieu de la rue pour récupérer un laissé passé. Il faut être connaisseur pour penser à s'arrêter à un tel endroit qui hésite entre la casse de voiture et un garage.

Les habitations s'estompent et quelques briqueries font leur apparition. Les grandes cheminées caractéristiques ne manquent de me rappeler mon travail. Nous passons un col et découvrons derrière un paysage de rizières. Les élèves multicolores qui arpentent la route pour se rendre à l'école semblent imperturbables face aux camions et autres bus qui ne manquent pas de les raser. Nous échappons de peu à la panne d'essence, un petit complément remédie à l'oubli de notre chauffeur. Par contre, il n'anticipe la baisse d'eau de refroidissement et une pause s'impose dans la dernière ligne droite (pentue) pour Ghorka. L'arrêt nous laisse au moins l'occasion de découvrir quelques superbes specimens arachnéens. Une grande balançoire au style original borde la route.

Nous finissons pour atteindre Gorkha (fournisseur officiel de soldat pour l'armée britannique, bien que le Népal n'est jamais été colonnisé, il a en contre partie été sous influence britannique). Repas traditionnel : Dal Bat. Francis supporte mal la transition et se met à saigner du nez. Seul un remède local finit par marcher : des feuilles dans le nez, sous l'oeil amusé des autochtones.

Il est 14h00 quant nous entamons enfin notre périple à pied. Une petite montée en escalier nous conduit à un palais royal (pour l'un des fils). Nos chaussures n'ont pas le droit d'entrée, c'est donc nu pied que nous devons y pénétrer. La descente qui s'en suit est un peu glissante, mais sans consquence. Nous débouchons finalement sur notre campement sur un plateau en surplomb de la vallée. Ca grouille de monde, notre équipe d'accompagnement est constituée de pas moins de 40 personnes (guide, 5 sherpas, un sirdar, un cook, 6 aides, le reste de porteurs). Tout est bien structuré. Les enfants du village sont là également pour nous accueillir, non sans espoir d'une contre partie. Le repas est excellent, à base de momo accompagné de frites (au plus grand plaisir de Françoise, la blonde belge du groupe, j'arrête là les stéréotypes puisque ça ne lui correspond pas) et de quelques légumes. Nous avons le droit à du rabe en plus. Pour couronner le tout, un gâteau au pain d'épice termine le repas accompagné d'un thé. L'équipe est ensuite présentée, sous les viva de la foule en délire. Ram procède ensuite à ce qui deviendra le classique briefing du soir, où les réjouissances du lendemain nous sont présentées.

Françoise nous sort son attiraille de l'armée et des stickers fluorescent qui amuserons bien les porteurs par la suite.

Il n'est pourtant pas très tard (20h - 21h) mais nous sombrons tous d'un profond, et sonnore pour certains, sommeil.


J4 : 04/11


riziere.jpgReveil matinal : 6h00. La vue est superbe sur un fond de vallée brumeuse. Le petit déjeuner est à la hauteur du reste : omelette, pain grillé, céréales, thé, confiture, miel, beurre de cacahuète. Les enfants du village sont également matinaux. Stéphanie leur offre des pommes. Ils ne se font pas de cadeaux entre eux et c'est la loi du plus fort, le plus grand rafle la plus grosse mise. Il manque huit porteurs à l'appel ce matin, partis avec la paie des trois premiers jours. Une grosse journée s'annonce pour les porteurs qui pour certains devront faire deux fois l'allée-retour! La journée débute par une descente glissante dans les rizières. Le voyage dans le temps commence et nous découvrons des travaux dans les champs comme nous ne les voyons plus depuis quelque temps dans nos lointaines contrées : à la charrue à boeufs. Olivier chute d'un pont juste en bas de la descente : plus de peur que de mal, quelques bleus et égratinures de plus. Nous traversons un village où les discussions vont bon trains, d'après notre guide, ils sont en discussion pour l'attribution de l'eau pour l'irrigation des cultures : sujet au combien sensible. A mon plus grand désespoir, les enfants que nous croisons nous jettent régulièrement des « Give me a pen », conséquence de trop nombreux passage touristique? Les premiers ponts suspendus font leur apparition et je les empruntent avec délectation. Après deux heures de marche, première pause accompagnée de biscuits et de fruits. Le trajet se poursuit tranquillement en fond de vallée. Les sourires des populations locales essaiment notre progression. Les anmiaux (chèvres, poules, ...) se baladent librement dans le village. C'est également le cas pour les enfants qui sont très autonomes ce qui augmentent leur charme.

Notre première pause déjeuner a lieu au bord d'une rivière, dont la fraîcheur est salvatrice. Je ne m'attendais pas à avoir si chaud. Quatre petites filles nous regardent un peu avec méfiance. J'essaie de lier contact en leur demandant leur nom mais sans succès. Je partage mon fruit avec elle, cela me fait mal au coeur de faire un repas gargantuesque sous leurs yeux. C'est avec plaisir et amusement que je déguste la boisson qui nous est proposée à notre arrivée : du tang orange, que de bons souvenirs. L'après midi se déroule sans encombre au milieu des rizières, si ce n'est deux petites gouttes d'eau (les seules du séjour). A notre arrivée, les tentes ne sont pas encore montées, nous mettons donc la main à la pâte pour aider nos sherpas, même si cela semble un peu les gêner. Remi s'essaie au portage, non sans mal malgré son grand gabarit. La tente toilette n'étant pas arrivée, je m'en vais satisfaire mes besoins naturels à la frontale en pleine nature. Le repas est toujours excellent, à même le sol vue que la tente messe n'est pas encore arrivée. Les porteurs finissent leur journée à la frontale, pour ceux qui en ont une... Tarot et dodo pour les heureux occidentaux.


J5 : 05/11


ficus.jpgMules en pleine nuit. Eh oui il faut bien combler l'absence des huits porteurs. Quelques sherpas assurent aussi le portage. Ce qui est étonnant, c'est qu'une mule coûte plus chère qu'un porteur, il faut la nourrir, en prendre plusieurs, payer le muletier, cela laisse songeur... Le ciel est un peu couvert ce matin, mais pas très menaçant. Avant d'entamée la première grosse montée du périple nous faisons une petite pause à un point ravitaillement, sorte de bar du coin. Certains d'entre nous optent pour un coca. Deux petits enfants reçoivent avec délectation des chips, c'est un vrai spectacle de voir leur petite bouille réjouie. Par contre qui dit paquet de chips me fait penser qu'ici la notion de protection de l'environnement ne s'applique pas pour ce type de déchets. Régulièrement nous croisons de vértiables décharges publiques, s'en parler des plastiques qui égrainent les chemins et les rivières. Il faut dire que la culture boudhiste interdit de jeter quelque chose dans le feu, donc pas d'incinération possible, reste le portage mais cela n'est pas d'actualité en ces lieux réculés. Je ne sais combien de marches nous empruntons mais le nombre doit en être plus que conséquent, du coup il n'est pas toujours facile d'y trouver son rythme. Au dessus de nous se trouvent un téléphérique qui nous nargue, encore que je pense qu'il soit plus prudent de limiter son usage aux charges « inertes ». Les himal killers se mettent en route (appelation décernée par Hervé et Brigitte aux jeunes « joueurs » qui montent droit dans la pente : Rémi, JP, Stéphanie et moi).

Nous arrvions dans un petit village pour le déjeuner. Nous traversons la première petite école du séjour, les bruits, les rires et les cris sont les mêmes partout dans le monde semble-t-il. Les cultures en escalier refont leur apparition après un passage en forêt. La variété des couleurs devient impressionnante, directement associée à la variété des céréales : blé, riz, sarrazin, millet, céréales rouges, ... D'ailleurs nous les trouvons à sécher un peu partout, sur les toits, dans la rue, ... Le déjeuner se déroule dans un petit lodge, avec des toilettes 4*... eau presque courante, lumière, propre, cela change de ce que nous avons vu jusque là et de ce que nous aurons par la suite...

Nous reprenons la montée vers Barpak, « bourgade » de 5000 habitants! A ma grande surprise nous croisons beaucoup de monde et en particulier dans les champs, d'ailleurs surtout des femmes. Les himal killers se remettent à l'oeuvre... Les rues sont plutôt propres. Sur la place du village pousse un superbe ficus (normalement accompagné pas loins du banian, arbre femelle). L'école au dessus est bien animée et de nombreux élèves assurent le spectacle sur la place, sous l'oeil nonchalant de quelques papys. Par la suite quelques femmes porteurs passent chargées de grosses pierres, cette charge impressionnante ne les empêchent pas pour autant de tricoter.

Régulièrement dans la montée se trouvent aménégés des points pour que les porteurs puissent se reposer. Cela consiste en une banquette en pierre, souvent à l'ombre d'un bel arbre, sinon les porteurs s'appuient simplement sur leur bâton, enfin surtout leur charge qui va jusqu'à 60 kilos. A noter qu'il n'y a pas d'âge pour porter vu que le doyen du groupe de porteurs à ... 59 ans!

Le campement nous attends un peu au dessus de Barpak, après une belle série de marches. Un jeune berger de chèvres nous accompagne au début. Je me sens plutôt en forme et cela semble susciter le respect de la part de Nolan l'un des sherpas, qui me touche le mollet en passant. Le cook nous dépasse sur la fin, deux poulets vivants dans les mains... ça promet pour ce soir! Ma toilette se déroule au point d'eau sous l'oeil amusé des porteurs qui préparent leur repas. Vu que le campement est perché sur une arrête un peu boisée, les places pour les tentes sont chères et diffcile de faire la fine bouche sur la planéité... une nuit de lutte s'annonce. En prime ce soir, nous avons leur droit à une tourte à la banane en dessert, excellent mais pas très léger. Le soleil se couche vers 5h - 6h. Nous entammons une partie de Jungle speed sous le tente messe, avec Ram et l'un des sherpas (qui titille légèrement mon odorat d'occidental). La partie est de courte durée vu que les porteurs dorment dans la tente messe et que la fraîcheur commence à tomber. A noter en particulier la présence d'un jeune porteur dont c'est le premier trek et qui fait souvent briller le maillot de la juve par son arrivée rapide le soir au campement.


J6 : 06/11 Barpak - Sigla


Reveil matinal vers 5h30 (cela deviendra un classique par la suite). La vue est superbe sur l'himal chuli. Petit déjeneur à base de crèpes, mmmh. Un paysan de passage me demande de le prendre en photo, son couteau me fait froid dans le dos. Le ciel est enfin parfaitement dégagé. Le groupe se scinde en deux ce matin pour la dernière montée avant le col. Deux options, droit dans la pente avec une vue superbe tout du long ou un chemin plus tranquille mais avec un panorama qui ne se dévoile qu'au col. Je choisis le chemin le plus direct avec quelques marches une fois de plus.

homme_couteau.jpgNolan m'arrête au début de la montée en me demandant si j'ai un chapeau. Je ne comprends pas au début vu que j'ai ma casquette vissée sur ma tête. En fait il me demande si j'ai un topi (chapeau typique népalais). A ma réponse négative, il m'en offre un. C'est un véritable honneur et c'est avec un petit brin de fierté que j'arbore ce nouveau couvre chef. Nolan me précise même que c'est un signe de sagesse, mes chevilles risquent d'enfler...

Nous croisons au cours de la montée un vanneur et sa femme entourés de quelques zoho, rapidement rejoints par des porteuses dont une grand mère au sourir rayonnant et communicatif. Elles nous demandent de les prendre en photo et la séance tourne rapidement à la franche rigolade. La fin de la montée se déroule sur un faux plat montant parmis quelques arbres qui semblent sortis de nul part. L'arrivée au col est superbe, la vue est grandiose sur les massifs du goneche et de l'himal chuli. Un stupa avec quelques drapeaux tibétains trône en haut du col. Une belle descente nous attends parmis les cultures en escalier où nous croisons de nombreux enfants, toujours aussi autonomes. Nous arrivons à Larpak vers 11h30, petite bourgade de 5000 habitant perchée à 2500 m. Remi fait une incursion dans l'école et en devient rapidement l'attraction. Les récitations vont bon train et une je me sens revenu sur les bancs de l'école avec des sons qui me semblent familier. L'école est en extension, il faut dire que nous croisons nombre d'enfants. C'est impressionant à quel point ils sont capables de couvrir des distances pour s'y rendre, ici pas de ramassage scolaire.

enfant.jpgNous mangeons dans un petit lodge près d'une femme affairée sur son métier à tisser. Une grand mère se plaint de maux d'estomacs, nos médecins de service lui fournisse quelques cachets mais ont des doutes quant au respect de la prescritption. Brigitte, notre photogrpahe officielle, s'en va à la chasse au photos et surtour au contact de quelques enfants (un frère et une soeur en particulier) au combien charmants. Nous descendons jusqu'à un pont de singe pour passer sur l'autre versant. Celui ci est beaucoup plus sec et il y a nettement moins de cultures, si ce n'est quelques pieds de canabis au bord du chemin. La vue est superbe sur les cultures en terrasse qui nous font face et il est impressionnant de voir à quel point la montagne a été façonnée. Il fait très chaud.

Nous arrivons à Sigla (village de notre guide Ram) où l'accueil est exceptionnel. Le campement est au milieu de la cours de l'école et notre salle à manger dans une salle de classe. Comme d'habitude nous avons le droit à un thé et des gâteaux en arrivants. Je me lave à la fontaine en contrebas et je choisis pile le moment du retour des champs, je me sens un peu gêné en tenue légère et court vêtue. C'est mieux que certains qui auront le droit par la suite à une ribambelle d'enfants comme spectateurs. De nombreux enfants se balladent d'ailleurs autour de nous. L'une d'entre eux se prends les pieds dans une toile est c'est la drame : la chute. Du sang coule un peu, il semble que ce soit le nez. Le hic, c'est que nos médécins de service sont déjà occupés avec un enfant qui s'est fait mal au pied au champs. Je nettoie rapidement son visage en attendant.

Opération téléphone pour la plupart d'entre nous, incroyable il y a une parabole avec des panneaux solaire. Il y a bien eu une centrale hydro électrique mais elle n'a tenue qu'une semaine. Françoise semble souffrir de son genou.

Avant le repas nous sommes invités chez les parents de Ram. Nous y prenons l'apéritif tous autour du foyer, en ayant pris soin d'enlever nos chaussures. Il ne faut pas être trop grand... Il y a une seule pièce avec des paillasses qui doivent également servir de lits. Le plafond est complètement noirci par la fumée. Nous dégustons de l'alcool de millet avec du poulet fumé. Les os sont crachés à côté du foyer sur le sol. Une partie de la famille défile (oncle, soeur, cousine, ...). L'ambiance est très chaleureuse, seule François manque à l'appel, ayant préférée le repos.

Retour à la frontale pour un repas « léger » : pizza, légume, frites, pâtes, ... et annanas pour faire couler. Vu l'animation qui se profile dehors, nous répétons en canon « frère Jacque ». La sortie de la salle de la classe est époustouflante, il y a bien la moitié du village réunie (soit la famille de Ram). On nous installe sur des bancs au plus près de la « scène ». Le spectacle débute par des enfants en tenue (traditionnelle?) qui défilent au son du tamtam et des trois chanteuses envoûtantes. Il semble que tout le monde sache très bien chanter, il faut dire qu'il n'y a pas de télé et de radio ici. Nous sommes rapidement entraînés dans la farandole et dansons sous le regard bienveillant des villageois. Un plateau est déposé au milieu pour déposer un peu d'argent en remerciement. On nous offre un sympathique collier de fleurs fraîches. Nous nous couchons tard ce soir, il est 21h...


J7 : 07/11 Sigla - Korlhak :


cuisine.jpgMalgré l'heure matinale, l'animation est vive ce matin, il y a déjà de nombreux enfants autour de nous. Avec l'argent recueillie la veille (nous n'avons pas voulu tout donner sur les conseils de Ram), nous offrons 210 cahiers et des crayons aux élèves (un chacun). Les adieus sont chaleureux notamment au travers d'une poignée de main sincère avec le père de Ram. Ils nous font attendre pour nous montrer ce que nous leur avons offert. La journée est assez courte aujourd'hui, juste une bonne descente la matinée. Nous commençons par un long travers où nous croisons quelques torrents. L'un d'eux est utilisé pour moudre du maïs avec un moulin à eau. Je commence à distribuer mon chocolat aux porteurs, vu nos repas je pense ne pas avoir besoins de complément énergétique. Un peu plus loin, nous croisons un troupeau de chèvres. L'un des agneaux peine à traverser sur les rochers humides, je me trouve réquisitionner pour assurer le transit. La pente finit par s'accentuer et nous commençons à descendre parmis les cultures en escalier. Je croise une petite de 2 ans (je suppose) impayable par sa démarche héistante au milieu d'une rizière. Le soleil tape fort et je vais en payer le prix fort avec une réaction allergique sur les bras et le cou. A peine arrivé que je file me rafraîchir dans le torrent, ce moment de détente est salvateur. Le campement est idylique en surplomb d'un petit moulin, sous un pont népalais, au pied d'un petit torrent, légèrement ombragé, ... un peu plus loin se trouve un autre groupe de trekkeur. Le repas de midi est à base de confit de canard, rien que ça. Je récupère un morceau de fromage de yack que JP n'apprécie pas, mmmh. Les porteurs sont en retard, malgré la demande de Ram d'arrivée tôt, il semble qu'ils aient profités d'être en pays natal pour rester un peu avec leur famille. D'ailleurs nous avons récupéré de nouveaux porteurs, les mules nous ayant abandonnés la veille. Nous profitons de cette après midi paisible pour faire un peu de lessive. Olivier continue son show et parvient s'écrocher toute la jambe en allant se lavec au torrent! Un petit tarot nous permet de patienter en attendant nos sacs. Je prête mon jungle speed aux sherpas et àsinge.jpgl'équipe cuisine. Un combat de coq égaye cette après midi paisible, ainsi qu'un couple de singe juste au dessus de notre campement. Le repas est toujours excellent, avec en prime un apéro à la bière San Miguel pour nous mettre en bouche. La salle de repas ressemble à un poulailler. Les jeunes du village nous proposent des chanter et danser. Si le début est un peu forcé et poussif (collier, plateau pour les dons, invitation à danser), au fil des départs de mes camarades, l'atmosphère se détend et ils se désinterressent progressivement de notre présence pour faire finalement une simple fête entre eux. Sandra, Françoise et moi profitons d'un spectacle rafraîchissant. Ram nous joue au passage un petit air de flûte, ça change du pipo sur les dénivelés...

Nous apprenons au cours du spectacle la signification d'un cri que les sherpas et Ram s'amusent à pousser : JaVu ou en français dans le texte : à poil!


J8 : 08/11


Nous sommes quand même descendus à 800 m, la remontée vers le col débute. Nous avons des crêpes au petit déjeuner et j'adore ça, surtout au beurre de cacahouète - confiture. Malgré le soleil qui prédomine largement, je reste avec ma polaire noire pour protéger mon cou et mes bras. Aujourd'hui : journée de plat népalais. Le concept c'est qu'au global on fait peu de dénivelé, c'est pour le plat. Par népalais, il faut comprendre en dent de scie, ce qui fait qu'au final une grosse journée nous attends. Nous passons à tatopani, littéralement source d'eau chaude, j'avais bien pris mon maillot de bain à cette occasion, mais vu le mince filet, ce ne sera pas pour cette fois. Je discute avec Sandra une bonne partie de la montée. Un serpent nous barre la route un peu plus loin, heureusement des locaux s'en sont déjà « occupé ». La pause goûter du matin se déroule sur la place d'un petit village devant le regard d'enfants qui lorgnent désespérement sur les snickers que l'on vient de nous donner. C'est d'ailleurs là que la drame éclate, une petite fille se met tout à coup à pleurer seule dans son coin. Il semble que ses deux petits amis ne sont pas décidés à partager ce qu'Anne Chantal leur a offert. Je fais pour une fois entorse à mes principes et lui donne ma part, ce qui a pour effet de mettre fin à la crise. A noter que nos sacs se sont colorés de nos différents vêtements à sécher, avec le plus grand goût bien sûr...champs.jpg

L'ombre est chère ce midi et je finis de cuire avec ma polaire. Après une petite montée, nous débouchons dans une sorte de Canyon qui nous surprend un peu tous. Quelques cactus ont fait leur apparition. Nous finissons par entrer dans le parc national du Manaslu en fin d'après midi. La transition est saisissante, les rues sont dallées, tout semble relativement plus propre, peut être le contre coup des revenus des permis de trekking. L'influence boudhiste-tibétaine commence de plus en plus à se faire sentir. Le passage au point de contrôle est une simple formalité. Juste avant le bivouac, un petit fait me semble significatif, il y a deux arbres au milieu du chemin dallé, ou plutôt la « route » a été construite autour, dans le plus grand respect des éléments! A peine arrivé au bivouac que je file à la « douche » que nous prenons en commun à la fontaine avec Sandra, Brigitte et Rémi en tout bien tout honneur. Nous laissons au vestiaire notre pudeur. Sur une idée de Rémi, nous partons en quête d'une poule, bien aidé par les sherpas, Ram et la dame du gîte (avec son accord). L'objectif : la balancer dans la tente des filles. Objectif atteints avec succès! L'espièglerie de nos guides me plait bien... Un petit tarot, quelques bières et un ouist belge plus tard et c'est déjà l'heure du repas. Cette fois ci, nous avons droit à un peu de poisson : du maquereau. Nous repartons pour une partie de tarot mais elle est de courte durée. La table est directement chez l'habitant, et malgré les dires de Ram, nous préférons laisser le petit enfant qui s'est endormi à nos côtés tout simplement au calme.


J9 09/11 - Jeng :


Une journée de plat népalais nous attends encore aujourd'hui. 950 m de montée, 400 m de descente. Nous prenons de la hauteur au soleil en matinée. Sur l'autre versant, de superbres cascades parsèment notre progression. Sandra joue avec des boules de poils à gratter sur « junior », et je fais la même chose avec son gant. Il faut dire que nos sacs à dos ont tout du tancarville. Déjà que je n'étais pas particulièrement à l'aise avec les vaches, je suis définitivement fâché avec elles. Enfin il semble que ce soit surtout elles puisque l'une d'entre elle me charge. Tout le monde progresse avec l'apréhension de tomber sur le fameux pont que Ram nous a promis de traverser. Selon lui, un des cables était complètement détendu il y a 3 semaines... Histoire de pouvoir inhiber nos peurs, il cueille en préventif ces célèbres feuilles à la forme si caractéristique : du cannabis! L'ombre se fait rare une fois de plus le midi. Un peu plus loin, avant de rentrer de nouveau dans la gorge, un vautour décrit des cercles au dessus de nous... en prévision du pont que nous devons franchir? La gorge que nous traversons est magnifique et grandiose, de nombreux rochers prennent des formes originales, façonnés par le courant. Plus haut ce sont les hommes qui ont façonnés le sentier... dans la roche. La végétation dans la gorge est luxuriante, incroyable où les arbres parviennent à pousser.

Nous nous enfonçons progressivement dans le pays boudhiste où les drapeaux à prières fleurissent de plus en plus, sans parler des ker manei (toujours par la gauche, en proclamant o mani padme oum).

Un peu avant d'arriver, nous trouvons des litchis, un peu fade malheureusement, la saison est passée. Par la suite, ce sont des singes qui s'agitent à notre passage : bruns et blancs, ils sont d'une dextérité à toute cascade.jpgépreuve. Ching s'amuse un peu plus loin à faire le singe dans un arbre... Le franchissement du fameux pont se passe sans encombre. Il faut dire qu'il a été réparé avec quelques cales en bois, mais pour combien de temps? Finalement c'est le dernier pont qui est le plus « discutable ». Vu sa forme en V et son balancement, je ne suis pas sûr qu'il résiste particulièrement bien à de lourdes charges.

Nous passons Jewa à la réputation douteuse (plusieurs vols par le village en surplomb, d'ailleurs nous sommes souvent sous bonne garde le soir) pour nous arrêter à Jeng. Nous y trouvons un petit groupe de 4 français ainsi qu'une française qui se balade seule avec un guide et un sherpa. Elle a la chance d'être en année sabbatique. J'ai fini par adopter la technique d'Hervé et trimballe mes affaires de rechange et de toilette sur moi la journée. Je peux donc désormais prendre ma douche avec le peu de soleil qui veut bien se montrer au fond des gorges. Je prends la peine de jeter les papiers dans une poubelle (une corbeille à porteur), pour découvrir avec stuppeur que son contenu est ensuite jeté en contrebas. Désormais, je me trimballerais ma poubelle jusqu'au bout.

Le tarot devient une habitude à laquelle nous ne coupons pas ce soir. Notre cook nous gâte une fois de plus et nous a préparé de la soupe aux orties, tout en conservant ensuite la soupe normale! Par la suite, nous dégustons une purée de pomme de terre qui vaut presque celle de ma grand mère... Pour faire passer tout ça, je termine par trois parts de tarte à la banane, autant dire que j'ai bien dormis après cela.


J10 :10/11


Réveil matinal sous un ciel étoilé, il est tout de même 5 heures... je profites des étoiles à profusion sur un rocher à l'écart. Nous avons le droit à des pancakes dont je fait largement la fête. Nous terminons la gorge dans la matinée avant de passer au travers d'une très vieille forêt aux arbres démesurés et avec des plantes grimpantes qui lui donne un air mystique. Les nombreux canyons que nous croisons dans la journée me donne des idées de sport extrême, mais il serait bien téméraire et éphémère de s'y lancer. J'accroche une fleur jaune dans le cheveux de Stéphanie, blond c'est la couleur du jour... vu les zones désertiques qui commencent à apparaître et les champs de maïs séchés. Les sherpas sont en grande forme une fois de plus; mais il y a du répondant côté français et nous nous cherchons et chamaillons gentiment. Le plat népalais fait une fois de plus son effet et malgré le peu de dénivellé global, nous avalons quand même 1200m de montée mouflon.jpget 500 m de descente. Le monde boudhiste est de plus en plus présent, de nombreux stuppa parsèment notre progression. Nous découvrons même des moulins à prière à eau! Quelques vaches montagnardes font preuves d'une déxterité qu'elles n'ont pas trop à envier à nos bouquetins. Les enfants adoptent désormais la tenue tibétaine de rigueur. Par contre, le gant n'est pas vraiment de rigueur vue les mines barbouillés que nous croisons. Pour midi, en guise de pain d'accompagnement, nous avons le droit à des bottereaux « séchés », j'en reprends avec plaisir. Les litchis sont désormais en nombre à la sortie de la forêt, mais toujours aussi fades... Je cherche avec Ram des mouflons à la queue du peloton... la pêche est maigre : un seul jeune veut bien monter son museau sur l'autre rive. D'après Ram, c'est étonnant d'en voir si peu. Nous bivouaquons auprès d'une rivière dont la couleur blanche augure d'une fraîcheur prononcée. Fraîcheur que je décide d'aller goûter, et mes impressions sont bien fondées! Je peine à traverser la rivière, un zoho a décidé de me faire obstacle et vue ses cornes, je n'ai guère envie de le provoquer. Je profites des lumières de cette fin d'après midi pour aller me promener sur l'autre versant. Bien m'en prends, j'y trouve une grange isolée aux échelles sculptées dans le bois, avec du grain à sécher et surtout une activité débordante dans les champs. Les paysans me regardent avec un air intrigué. Les dires de Ram se confirment et ses conseils étaient bien avisés : un beau mouflon trône à flanc de montagne. Nous passons un bon quart d'heure à nous observer puis je décide de renter. Je reviens ensuite avec Stéphanie et JP. Aujourd'hui la mission apéro est effectuée par Rémi qui s'en va au village armé d'une hotte de porteur. Il a fière allure mais le poids contenu dans la hotte est bien faible au regard de d'habitude. Pour accompagner tout ça, nous avons droit à du saucisson, de la saucisse népalaise chaude et des lentilles grillés... Comme d'habitude, ce n'est que le début, nous enchaînons rapidement avec la traiditionnelle soupe (bienvenue vue la fraîcheur qui tombe désormais) et surtout des momos. Pour couronner le tout, une crème patissière à la mangue termine ce repas. Un rapide tarot nous conduit au lit vers 19h30.


J11 11/11


Je me lève de bonne heure (5h45) sous un ciel étoilé mais sans lune. Je suis tenté de traverser le pont mais deux grands yeux scintillent sur le trajet : les zoho... je ne me sans pas l'âme d'aller les défier en pleine nuit. moines.jpgDu coup je vais me balader tranquillement en amont du camp. La quiétude qui y règne est dès plus agréable. Par contre la nuit est bien sombre en l'absence de la lune. Les premières lumières du jour faisant leur apparition je traverse la rivière pour retrouver mon mouflon qui est cette fois ci en bonne compagnie. C'était peut être déjà le cas la veille. Le campement s'anime à mon retour. Nous nous mettons en route vers 7h30, tout en douceur cette-fois ci, le plat népalais n'est plus. Les drapeaux tibétains et moulins à prière sont légions, nous approchons du Tibet. Arrivée à Lho pour une pause chocolat. Le lhama nous invite à vistier son monastère. Il s'agit d'une simple pièce mais chaleureuse. Il nous offre des pommes et est bien accueillant. Le service médical se met ensuite en action, sa femme et lui se plaignent des yeux... un peu de sérum physiologique et quelques préconisations plus tard et nous repartons. J'ai le temps de remarquer dans un recoin la présence d'un petit métier à tisser. En guise d'au revoir Ram et moi avons le droit à une petite fleur sur l'oreille, la gentillesse de ces gens ne me laisse pas indifférent.

Quelques singes assurent le show un peu plus loin au milieu de champs. Ils répondent même à l'appel de Ram, mais au plus grand déplaisir des villageois qui les chassent rapidement à coup de pierre. Il faut dire qu'ils sont en guerre ouverte pour protéger les cultures. Certains champs sont même équipés de tour de guet!

Ce traitement infligé aux animaux n'a rien de spécifique aux singes, les chiens (qui errent un peu partout) et les mules ont aussi le droit à « bien des égards ». Seuls peut être les Yacks qui commencent à faire leur apparition sont épargnés. Leur dextérité m'étonne. Alors que nous croisons un Yack sur le sentier, malgré son air pâteau, il saute allègrement une marche d'un bon mètre avec une aisance déconcertante.

Les sommets sont de plus en plus proches et au détour d'un sentier, sa majesté le Manaslu fait son apparition. L'altitude commence à se faire sentir, à plus de 3500 m, les efforts violents se paient cash.

sa_majeste.jpgL'équipe cuisine nous attends au pied d'un monastère près d'une école de jeunes moines boudhistes. En guise de mise en bouche, nous partons visiter les bâtiments en léger surplomb. La cour de l'école est bien animée, en particulier sur le terrain de jeu. Quelle surprise de découvrir que le monastère est en construction! Nous avons quand même le droit d'accéder à la partie centrale qui est presque finie, en prenant soin d'enlever nos chaussures bien sûr. Remi meurt d'envie de jouer avec les gongs et autres instruments! Les prières sont enveloppées dans des tissus rangées dans de petites boîtes. Ram et Shing font la course en descente et malgré la pente, ils n'hésitent à prendre le chemin le plus court. Tout le monde profites ensuite du bain de soleil qui nous est offert.

L'après midi est courte, une grosse heure de marche. Je me sens bien et m'amuse à suivre les porteurs. Nous traversons une forêt encore présente à 3800m! C'est magique. Le sentier débouche ensuite sur un replas où se niche un village déserté l'hiver. Le campement est juste au dessus. Ram m'explique que la Vallée est plutôt riche grâce au commerce du bois et que de nombreuses caravanes de Yack prennent d'ici la destination du Tibet voisin.

Incroyable, il y a un petit bâtiment marqué « bathroom ». Je me frotte les yeux mais non ce n'est pas une hallucination. Enfin rassurez vous, il n'y a pas l'eau chaude bien sûr et la douche ne marche pas, seul un filet d'eau coule du robinet. Ceci dit, ce n'est pas du luxe d'avoir un peu d'intimité pour une toilette complète sans risque d'attentat à la pudeur. Le soleil disparaît rapidement à 15h00 et la chaleur avec. Heureusement que l'arbre auquel je me suis adossé me rend un peu de chaleur et me permet d'écrire quelques lignes dans un confort relatif.

Les porteurs, comme à l 'acoutumée, ont un feu pour leur repas. Au vue de notre regard envieux, les sherpas en allume un autre pour que tout le monde puisse se réchauffer. Je déguste avec les sherpas un peu d'alcool fort de provenance chinoise... et c'est bien de l'alcool.

Les porteurs nous font goûter leur repas à base de patate et de riz (pour une fois ce n'est pas dal bat). Le repas offre une petite variante avec de la purée pomme de terre - potiron et surtout une tarte banane potiron à l'alcool de millet en dessert: succulent.

Vu la fraîcheur de la nuit, l'eau a commencé à geler, je pose le sur sac thermique au pied de mon duvet... des fois que! Je m'endors au son d'un concert de chiens bien décidés à ne pas nous laisser nous reposer.


J12 12/11


manaslu.jpgJe prends un rythme matinal et me lève à 5h30. La vue sur le Manaslu et les sommets environnants est tout simplement grandiose. Tout est gelé. Le cook a pensé à nous et pour compenser nous a préparé un plat chaud entre le riz au lait et le gâteau de semoule, en plus de pancakes et du classique thé. Le groupe se sépare en deux ce matin. Pour les plus en forme d'entre nous (JP, Rémi, Sandra, Stéphanie, Hervé, Brigitte et moi) direction le pied de la face est du Manaslu. La montée se fait sous les vols de choucas et autres vautours. Alors que je suis occupé à prendre le groupe en photo, un rapace part dans mon dos, je vois les grands signes de mes camarades mais ne réagit pas immédiatement. Des nones nous accompagnent également dans la montée. Au bout du plateau se trouve un petit monastère, destination de tout ce petit monde. Les 7000 et 8000 nous entourent, nous sommes au pied des glaciers. A peine arrivée que Ram allume un encensoir « géant », les nones s'en vont alors chercher de quoi l'alimenter avec des branchages environnants. Ici point d'austérité dans la religion, nos sherpas ont l'air de bien s'amuser en si charmante compagnie. Je finis les pieds dans l'eau en me baladant en chaussette, bien joué! Ram s'essai au golf à 4000 m d'altitude. En guise d'apéritif, les nones nous offrent un petit morceau de leur repas : des bottereaux! Ici les religieux donnent et ne recoivent pas. Pour la suite, le cook a ssuré une fois de plus avec un panier pique nique royal. Deux avalanches partent juste au dessus de nous, déclenchées par la chute de séracs. L'une d'elle se fait en plein milieu de la face est du Manaslu, quelle vitesse! Et que dire des dimensions, nous pouvons presque caser le Mt Blanc entre nous et le sommet du Manaslu.

Le groupe Allibert arrivant, il est temps de redescendre. Les nones nous accompagnent et sous les conseils « avisés » et surtout « amusants » de Shing je déclame ma flamme en anglais et en népalais ce qui nous fait tous bien rire.avalanche.jpg

Nous passons au pied de la morène qui devait contenir il y a encore peu un glacier à la taille démesurée : réchauffement climatique oblige. Descente express, peut être un peu trop, je sens que cela me pèse un peu sur la tête. Les yacks sont de plus en plus nombreux sur le plateau qui s'offre à nous. Au fond de ce dernier se trouve un magnifique village de pierre, caché dans un petit vallon. Fidèle à mes habitudes je me douche rapidement à l'eau froide. Il est 15 heures et la nuit tombe déjà... toujours avec le froid. Nous visitions un autre monastère, mais cette fois ci avec plus de charme et de cachet que celui de la veille. Le lama entame même une petite série de prières au rythme d'un petit gong. A notre retour des militaires sont présents sur le terrain. Ils préparent la venue du ministre du commerce le lendemain au pied d'une petite estrade. Francis s'amuse à lancer des ordres en français, et le plus drôle c'est qu'ils y répondent. L'apéro est gargantuesque pour l'anniversaire de Stéphanie : paté, rillette, saucisson népalais, pommes dauphines, ... Ensuite nous avons le droit une énorme pizza dont je mange le quart... sous les yeux éberlués de mes compagnons. La soirée se termine avec un gros gâteau et sous les chants de rasam que riri, accompagné de quelques pas de danse. Pour la petite histoire, il y a même écrit joyeux anniverseire stephanie avec les fautes qui donnent en cours plus de charme à cette belle attention.


J13 13/11


Je suis réveillé depuis une bonne heure déjà mais ne me décide à pointer le bout de mon nez que vers 6h00 dehors, froideur matinal oblige. Nous prenonrs le petit déjeuner dehors sous un vent glacial. Je peine à me réchauffer, en particulier les doigts de pieds. J'explique à Ram des jeux de force et d'adresse canadiens. Le départ se fait sous le soleil dans une large et belle vallée. Je me trouve rapidement isolé entre deux groupes, cet instant de solitude dans un calme reposant fait mon plus grand bonheur : la zen attitude prends racine. Seule une grosse avalanche vient agrémenter le silence qui règne ce matin là. Un peu plus loin, nous assistons à un vértiable balet de vautours. Pas moins d'une vingtaine d'entre eux passent au dessus de nos têtes. D'une envergure de 3 à 4 mètres, ce spectacle est de toute beauté, quelle grâce et quelle prestance se dégage de ces grands oiseaux. La végétation commence à se faire de plus en plus rase et évolue progressivement. Nous trouvons au bord du chemin (du fait d'une pause technique) des edelweiss. Il me faut attendre la pause de 9h30 pour enfin réchauffer mes pieds. Je comprends le pourquoi du balet des airs un peu plus loin, la dépouille d'un veau borde le chemin, en attente de son dépouillement. Ram m'expliquerait plus tard que le « traffic » de la journée empêche pour le moment les rapaces de s'approcher, mais cela ne les empêchent pas de surveiller leur repas...

acclimatation.jpgNous arrivons à Sam Dau vers 11h00, lieu de notre campement. Tout le monde se repose tranquillement : lecture, apprentissage du népalais, sieste, ... Sophie, la française en solitaire, nous rejoints. Pour ma part, je me passionne pour les vols au dessus de nos têtes et n'en rate pas une miette. Je reste une bonne heure la tête dans le ciel à admirer les vautours. Trois d'entre eux prennnent la pause sur le versant voisin.

L'après midi se limite à une promenade d'acclimatation ou digestive. Nous sommes à environ 4000 m, le col approche... A la sortie du village, je ne parviens pas à résister à la sollicitation de nombreux enfants et leur offre du chocolat, par l'intemrédiaire de leur mère. Les nombreux sourires en retour ne laissent pas indifférent. Au milieu de cette ribambelle, je note la présence de plateaux avec du fromage frais séché : c'est tentant mais probablement pas très raisonnable pour mon estomac d'occidental aseptisé.

Après 40 minutes de montée en direction du Tibet, nous optons pour une bonne heure de pause à se dorer au soleil en face d'un glacier. La descente est nettement plus rapide, je lâche les chevaux et me retrouve en bas en 5 minutes. Il faut dire que la descente herbeuse en alpage se prête bien à un tel exercice. Je rate en revanche le roulé boulé de Ram qui met à profit son agilité pour rattraper Olivier (ou Gigi) d'un chute bien entamée. A mon arrivée au village, je suis accueilli par une petit enfant qui me prends par la main et me guide à travers quelques rues... je ne m'explique pas son geste mais il me touche beaucoup. Nous rabatons au cours de se périple un petit chiot égaré et appeuré, du fait du traitement des enfants?

Il est déjà 15h00 et le soleil commence à disparaître. Avant qu'il ne fasse trop froid, je file me doucher presque dans le plus simple appareil au point d'eau du campement, sous le regard héberlué puis amusé des locaux.

Pour passer le temps, nous faisons une petite partie de Jungle Speed avec quelques sherpas. Nous avons de la chance, grâce à Ram, d'avoir accès à la salle commune malgré l'absence du gérant. L'ayant croisé dans la montée, Ram a pu obtenir la clé. Ram vient me chercher en salle pour m'emener en cuisine, il a bien noté qu'elle suscitait ma curiosité. Il est content de me présenter en exclusivité le repas du soir : du steak de Yack! Ca promet une fois de plus. La mise en bouche n'est pas mal non plus avec la viande de grisons qu'Anne Chantal à amenée de France, accompagnée de bière comme il se doit. Sophie partage notre repas, il faut dire que son guide n'a de guide que le nom! Il n'a jamais passé 3000 m et ne connaît même pas le parcours et les points de ravitaillement. Pour clore le tout, un gâteau de chocolat finit de nous contenter : je crois que mon estomac commence à bien être dilaté! J'opte pour une soirée lecture, histoire de laisser rapidement la place aux porteurs dans la salle commune où ils vont passer la nuit.


J14 14/11


Je sors de la tente à 6h00, tout est gelé (y compris mon Camel Bag)! Je plains JP que j'ai entendu maintes fois se lever dans la nuit pour satisfaire un besoin pressant. Cela ne m'a pas trop perturbé, en fait les zip énergiques m'ont même plutôt fait sourir.Comme d'habitude, un oeuf avec des crêpes au petit déjeuner. Alors que ma première batterie d'appareil photo à tenue 9 jours, les deux suivantes n'ont tenues qu'une journée! Il ne m'en reste plus qu'une et il reste deux jours avant le col... ce sera une journée sans photos, même si je me doute qu'avec la chaleur les batteries vont peut être marcher de nouveau. Le départ se fait dans le silence, je peine une fois de plus à me réchauffer. 4 vautours font des cercles autour de nous, auraient il le pré-sentiment que l'un de nous commence à défaillir, fort heureusement ce n'est pas le cas, ils ont dû être déçu. Nous perdons de vue le Manaslu qui disparaît derrière le Mankey pic et le North pic. Les cours d'eau que nous croisons sont tous gelés, et vu que parfois ils se confondent avec notre chemin, cela ne facilite pas notre progression. Je cherche désespéremment des mouflons bleus mais c'est peine perdue, ils semblent avoir désertés la région. Seuls quelques Yacks paissent paisiblement. A noter que nous avons vu partir ce matin une caravane de bois en direction du Tibet, synonyme de richesse pour la vallée.

Après avoir longé une morraine toute la matinée avec des glaciers en surplomb, nous atteignons notre dernier campement avant le col. Nous sommes à 4400m et l'altitude devient vraiment pesante. Plus moyen de faire le malin et le moinde effort me coûte. Au menu de midi, nous avons droit à des galettes de pommes de terre à l'aïl. Depuis quelques jours la dose d'aïl augmente, que ce soit dans la soupe et dans les plats. Si c'est plutôt bon pour l'altitude, mes intestins ont de plus en plus de mal à l'accepter. Je suis obligé de faire deux escapdes en surplomb du camp pour essayer d'y remettre de l'ordre... J'en profites pour rester une petite heure à observer le campement et les environs au calme. Les places pour planter les tentes sont limitées et légèrement creusées dans la pente. Hervé est peut être le seul téméraire à oser la toilette dans le ruisseau ou l'eau s'écoule sous une couche de glace... cela donne une idée de la température de l'eau. Le soleil disparaît à son habitude à 15h00 et le froid fait de nouveau son apparition. Nos sherpas ont bien du mal à monter la tente messe avec le vent glacial qui s'est levé. Certains choisissent une petite sieste au chaud dans leur duvet, le reste du groupe se ressert tels des pingouins dans la tente pour jouer au tarot. Pour une fois on compte les points. Sophie nous rejoints également et est cordialement invitée à partager notre repas. Une fois de plus, c'est filet mignon en apéro! La soupe est encore bien chargée en aïl, pour le plus grand désespoir de mon ventre qui ne tarde pas à le crier. Pour la suite, c'est Dal Bat avec des légumes et de la viande Yack et crème au fruit en dessert. Tout le monde se disperse rapidement vers 19h00 pour retrouver la chaleur de son duvet et pour ma part du sursac thermique. J'y glisse mes chaussures et mes vêtements pour le lendemain pour ne pas avoir à les chauffer à mon réveil...



J15 15/11


Jour J!!!

montee_col.jpgRéveil à 3h00 pour un départ prévu à 4h00. Le rice pudding est plus que bienvenue au petit déjeuner. Nous partons tel un troupeau bien encadré pour son berger (Ram) et ses chiens (les sherpas) qui donnent le rythme et ne nous laisseraient pas nous écarter du chemin. Il fait nuit mais compte tenu de la pleine lune, la frontale est superflue. La vue est magnifique sous cette lumière timorée. Il fait froid et Sandra et moi manquons d'y laisser des orteils. Ne les sentant plus, nous sommes obligés de nous arrêter pour que Ram et certains sherpas nous massent les pieds pour y faire circuler le sang. C'est avec des chauffrettes au fond des chaussures que nous reprenons la marche. Je passe du coup mon temps à taper des pieds pour favoriser autant que possible la circulation sanguine. La neige et la glace font leur apparition, presque en même temps que le soleil qui nous gratifie de couleurs matinales somptueuses. Je termine la montée avec Hervé et Brigitte pour atteindre le col en premiers, que la vue de ces drapeaux népalais a été attendue. C'est avec beaucoup d'émotions que nous nous félicitons. J'en ai la larme au yeux. Tout le monde arrive progressivement, avec une mention spéciale à Gigi, doyen du groupe qui impose le respect du haut de ces 71 ans après un tel exploit! Nous sommes tout de même à 5100m. col.jpgMalheureusement tout le monde ne profites pas pleinement du spectacle, Stéphanie se plaint de maux de tête et ne semble pas profiter du moment, dommage. Je prends un comprimé de paracétamol sentant mon esprit un peu lourd et surtout une bonne rasade d'eau de vie de poire qu'Anne Chantal a eu la présence d'esprit d'emmener pour fêter ça. Je ne suis pas sur d'ailleurs que le cocktail soit très bon. Quelques photos plus tard et nous entamons la descente, avec une vue superbe sur de nombreux 7000 couverts de glaicer (qui ont hélas bien fondus). Certains glaciers sont mêmes très proches de nous et forment des cavités et des formes pour le moins orignales. La descente est raide et pas toujours évidente sur de la neige qui tourne souvent à la glace. Je suis un charmant petit couple formé de Gigi et Nolan qui se tiennent affectueusement par la main en signe de solidarité. Le soleil est de plus en plus présent et le froid du matin (-8°C) semble loin. La descente est un peu longue et la pause midi (vers 11H00) est plus que bienvenue. Une fois de plus notre cook, aux petits soins pour nous, nous à préparé un petit panier repas avec un oeuf (et un peu de sel dans un sachet pour l'assaisonner), des beignets, de la viande, du fromage, une pomme et des petits gâteaux. Ah oui, mon Camel Bag est aussi enfin dégelé arpès l'avoir perdu dans la montée à cause du gel (les autres matins j'avais réussi à la préserver, en tout cas en randonnée). Je suis même en T-shirt (j'ai retiré mes nombreuses couches thermiques) et profites du soleil. Une petite

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partie de tarot plus tard et nous reprenons la route. La suite de la descente est plus tranquille le long d'une morène. Je suis sidéré par les efforts de l'équipe cuisine qui envoie un des ses membres à notre rencontre pour nous apporter un citron chaud! Arrivée au bivouac vers 14h30. Le cadre est idyllique sur un plateau au pied du glacier au milieu des sommets, dont la face ouest du Manaslu (final de l'ascension). Rémi et moi partons nous laver au ruisseau, qui malgré l'isolement n'est pas parfaitement propre (sacs et autres détritus). Nous aidons ensuite Sophie à déplacer sa tente et à la remonter (son guide prends un malin plaisir à la monter dans les pires endroits). Enfin, elle n'a de tente que le nom, il semble qu'elle est bien vécue et que de nombreux éléments aient disparus, rendant son allure incertaine.

Chacun vaque une fois de plus à ces occupations. Stéphanie écrit son carnet de route sous le regard curieux d'un petit enfant. Je pars à la recherche de Ram et me trouver pris dans un traquenard. Il m'invite en effet à rejoindre le pot offert aux porteurs et sherpas pour les féliciter suite au passage du col sans encombre. J'en suis déjà à 4 rhum népalais (rallongés à l'eau chaude), heureusement accompagnés de viande séchée (yack) réhydraté à l'alcool de millet, quand Stéphanie et Sandra débarquent, j'ai beau me cacher derrière Ram, je suis vite percé à jour. L'apéro se poursuit dans la bonne humeur. J'apprécie beaucoup ces moments ou bien que ne comprenant pas excatement la teneur des discussions entres les porteurs et les sherpas, je comprends bien à leurs mines réjouies qu'il s'agit d'histoires drôles et de belles péripéties. C'est d'autant plus agréagle que tout cela se déroule autour d'un bon foyer.

L'après midi ne s'arrête pas là puisque nous prenons la direction d'un deuxième « bar » chez l'habitant près des Alliberts. Encore quelques tournées d'alcool de millet et nous retrouvons Hervé et Brigitte dans le premier troquet. Inutile de vous dire que nous arrivons hillares sous la tente messe pour le repas du soir. Le repas vite expédié, quoique j'ai l'impression d'avoir perdu la notion du temps (entre autres), nous retournons au « bistrot » en force cette fois ci (en gros tous les jeunes). La consommation est cette fois ci plus raisonnable. Les chants et danses vont bons trains, au rythme du tam tam. Grâce à notre nouveau maître de chant (Sophie) nous entonnons « aux champs élysées » et « elle descend de la motagne » avec des couplets complets et un bel entrain. Je me couche vers 21h30 (houla) en ne sachant pas ce qu'il est advenu de ma frontale et de mes gants...


J16 16/11


Levé 5h45 avec de superbes couleurs oranges irisées dans le ciel. Je pars en quête de mes gants que je retrouve finalement dans un des « bars », pour ce qui est de ma frontale, en revanche cela restera le saint graal. Vue la mine réjouie des sherpas, la nuit a été bonne, mais courte et agitée vue leur bonne compagnie. Ce matin, le cook nous a préparé une petite variante au petit déjeuner, et surtout une bonne surprise pour le semi breton que je suis : des galettes de sarrazin! En prime, pour les plus téméraires d'entre nous, une dégustation de thé au beurre de yack est proposée. Je me décide à essayer malgré le tableau dépeint par les connaisseurs du groupe. Finalement ce n'est pas si terrible que ça, un peu gras et fade, mais pas trop écoeurant. Bon d'après Ram, celui-ci n'était pas trop corsé. Ca doit être comme pour les vaches, tout dépend de l'alimentation et là j'ai eu de la chance. Avant de partir je fais un petit détour pour aller me chauffer les pieds au coin du feu, mmmh.

porteuse.jpgLa descente débute le long de la morraine, ce glacier devait être magnifique il y a encore quelques années. 4 porteurs s'égarent (dont une femme), ils traversent le torrent qui coule au pied du glacier, pieds nus bien sûr, brrr. Les arbres refont leur apparition et de la plus belle des manières. Il s'agit d'une très belle forêt de vieux résineux, une atmosphère étrange s'en dégage. Je me retrouve seul pendant quelques mintues, je me sens bien petit. Au milieu de ces grands arbres, un petit point rouge attire mon attention, incroyable : une framboise et excellente avec ça!

Le chemin a souffert récemment d'une très grosse innondation. Le lit du torrent est couvert de nombreuses roches au mileu desquels quelques arbres ont résistés. Malheureusement cela n'a pas non plus été sans conséquence pour les habitations en aval.

foret.jpgPetit à petit, les arbres évoluent, nous croisons maintenant nombres de rhodenderons et de merisiers. Dommage que nous ne soyons pas plus tôt dans la saison, encore que les merisiers arborent de belles couleurs rouges. Gigi se tape la discute avec un menuisier au bord du chemin. Je déleste mon sac au profit des porteurs, mais pour leur plus grand bonheur : une tablette de chocolat qui m'est plus que superlfue.

Repas de midi au milieu d'une ferme au soleil. La teneur en aïl des plats diminue, ce midi nous avons droits en particulier à des rouleaux à la canelle. La suite de la descente se fait dans la poussière ou sur des chemins de pierre. Nous traversons de nouveaux des champs de céréales. Gigi assiste à une bataille de chevaux, et il ne s'agit pas de faire les malins, même les porteurs n'osent pas les dépasser. Alors que je m'arrête prendre un arbre en photo, Ram me fait des grands signes et me montre quelque chose : un essaim d'abeille juste au dessus de ma tête!

Nous arrivons vers 15h00 au campement dans un petit village de pierre. La douche à la fontaine est plus que bienvenue suite à la poussière de la journée. J'ai un joli bronzage chaussette qui perdure même une fois la poussière enlevée. Je m'essais au tam tam. L'apéro devient un véritable rituel qui devient de plus en plus gargantuesque : filet mignon séché, légumes frits aux épices et ... bières. La nuit tombe et quelle stupeur de voir qu'il y a un éclairage publique. Le repas est dans la lignée de l'apéro avec deux pizzas, du riz, des frites ... et un gâteau au pain d'épices! Françoise et Hervé se lancent dans un concours de blagues (la banane flambée, les clous dufort, ...). Anniversaire de Françoise? Le plus dur étant passé, nous nous sentons d'attaque et acceptons avec plaisir l'invitation de Ram d'aller prendre un verre chez l'habitant. Apèrs s'être balladés dans un dédale de rues et escaladés une petite échelle, nous débouchons dans une petite pièce avec un foyer bien accueillant. Un vieux fusil est accroché au mur. Notre hôte nous propose de l'alcool de millet et de la chèvre séchée, qu'elle prépare sous nos yeux. Enfin mes yeux sont surtout fixés sur les murs où s'activent cafards et arraignées. Nos petits esprits d'occidentaux ne sont guères rassurés. Sinon ici c'est comme dans les caves de l'anjou, à peine le verre entamé qu'il est remis à niveau, mieux vaut prendre son temps! La descente de l'échelle se fait sans encombre, de même que le retour. Il est 22h30 quand nous nous couchons, un record!


J17 17/11


Fidèle à mon habitude je me lève à 5h45. Le passage aux WC en nocturnre n'est pas aisé, ma chère frontale me manque. Je profites du temps laissé par mes compagnons pour lire un peu avant de nous mettre en route vers 8h00. Nous nous enfonçons dans une gorge ce matin. Les passerelles ne sont plus qu'une formalité que nous agrémentons en courant et en faisant balancer le tout. Je discute pendant une bone partie de la descente avec Olivier de Corrida, dont j'ai bien du mal à comprendre l'intérêt. Nous rejoignons rapidement le circuit des Annapurnas et son point de contrôle. Mon topi fait une fois de plus fureur et le policier en charge des formalités me complimente sur mon couvre chef. Je poursuis ma distribution de produits énergétiques en abandonnant ma pâte d'amande à Sophie et mes barres aux porteurs. L'ambiance a complètement changé depuis que nous avons rejoints le circuit des annapurnas : les lodges poussent à foison et les tenues boudhistes des autochtones ont disparues au profit d'une mode beaucoup plus occidentalisée. Je jubile chevres.jpgpendant le franchissement d'un grand pont pris entre deux troupeaux de chèvres. Le berger a une serpe dans le dos et deux agneaux dans les bras. Il peine à écarter une vache qui s'entête a vouloir franchir le pont au milieu de tout ce brouhaha. Pause repas au milieu de la gorge. Le soleil s'éclipse alors qu'il n'est que midi, nous contraignant à un repli stratégique dans le champ de maïs avoisinnant, encore baigné par la lumière. Sophie nous abandonne pour partir à la recherche de son guide. Le promontoire où nous sommes arrêtés est magnifique : rapaces et cascades agrémentent notre repas.

Le reste de la journée est une formalité expédiée en une petite heure. Arrivée à Tal vers 14h au milieu d 'un replat. Ne sachant trop si nous allons en camping ou en lodge, pour patienter nous prenons une petite collation, une bière quoi. Finalement ce sera camping au milieu d'un lodge. Un roulement s'établi entre le tarot et la douche... tiède! Nos anges gardiens ont soin de compléter la réserve d'eau préchauffée au soleil dans son enveloppe noire d'eau bouillante. Le débit est limité, c'est rustique, mais qu'est ce que c'est bon. Un avant goût d'Hayat pour Fançoise.

Je m'éclipse ensuite en cuisine, j'ai proposé de mettre la main à la pâte ce soir : au programme tarte tatin. Enfin je n'ais pas tant que ça à mettre la main dedans vu que presque tout m'a été préparé : la pâte est faite (en quantité vu que l'équipe cuisine croyait à une tourte) et les pommes sont coupées (un peu trop d'ailleurs). Il me reste à faire le caramel et à couper quelques pommes en tranche pour le fond puis à garnir. En fait ce qui m'intrigue le plus, c'est la cuisson. Mais où est le four qui a permis de si bons gâteaux? Le système est simple et efficace : quelques pierres posées au fond d'une grand gamelle (qui fait office d'enceinte) sur lesquelles repose le plat, le tout sur le réchaud. Au bout de 30 minutes, c'est cuit, comme à la maison.

Un petit jungle speed plus tard et c'est déjà l'heure de l'apéro : petites cuisses de poulet frites, petites pailles épicées (au bonheur de Brigitte), ... Ce soir c'est Ram qui cuisine (il a fait tous les postes de l'équipe avant de devenir guide). Ayant compris que le cuisine me passionne, il m'invite en cuisine pour assister à la recette. Il s'agit de poulet passé à l'huile, puis cuit à l'étouffé, relevé de curry et de cumin avec une touche de coriandre au moment de servir. Le tout est accompagné de riz, de rouleaux aux épinards et de spaghetti au fromage de Yack. Je suis plutôt content de ma tarte, le caramel aurait mérité d'être un peu plus relevé. Nous en laissons également pour l'équipe cuisine. Les discussions vont bon train ce soir, sur des sujets aussi variés que le syndicalisme ou notre arrivée à l'Hyatt. Nous délirons d'ailleurs sur ce dernier point en imaginant la tente toilette au milieu du parc ou du patio, le ligne à sécher un peu partout, la toilette dans la piscine...


J18 18/11


Je deviens une véritable horloge : il est 5h45 et j'émerge! Je m'isole dans la salle commune pour lire et écrire quelques lignes. Des militaires s'entraîent de bon matin. Nous en comprenons la provenance un peu plus loin à la présence d'un camp niché au milieu de la gorge. Plus loin ce sont des singes qui font leur apparition, à se dorer la pillule sur le versant voisin. Le trafic est élevé aujourd'hui, en plus des touristes occidentaux, nombre de mules et de chèvres égayent le chemin. Jiji fait une pause émotion dans un des villages qu'il a traversé 15 ans auparavant. Il montre une photo de classe sur laquelle plusieurs personnes se reconnaissent. Le chemin alterne entre sentier et route en construction. Un projet routier est en cours de réalisation pour relier Manang! Cela semble bien illusoire vu le terrain et les dégâts que risque d'occasionner la mousson. Sur une partie du chantier, alors que nous croisons un mouvement de masse de chèvre, Françoise et moi manquons de nous manger des cailloux et évitons le ravin! La pause du matin a lieu à Jagat dans un lodge. Même si c'est confortable, il est bien loin le charme des hautes vallées. Je croise plus loin un enfant de maximum deux ans qui joue avec un hachoir!!! Et tchac, un coup entre les jambes... Un adulte réagit enfin et finit par lui enlever son « jouet » pour son plus grand désespoir.

Je termine la descente avant le repas par une course avec Ram, que je gagne... niark niark, ceci dit il est parti de beaucoup plus loin.

foot.jpgNous mangeons sur un petit plateau derrière une ferme. A côté de nous, des jeunes jouent au foot. Au moment du départ Rémi et moi ne résistons pas à l'envie de taper dans le balon et échangeons quelques passes avec les locaux, pas facile avec les grosses chaussures.

L'après midi passe très vite ensuite vu que nous agrémentons le trajet d'une grosse bataille d'eau. Elle se termine près du campement par une douche généralisée de la plupart des intervenants, sous le regard amusé des villageois. Derrière le campement dans les rizières, se dresse un terrain de foot. Avec Rémi, nous ne résistons pas à la tentation et nous joignons au groupe pour un match endiablé. Ils sont infatigables ces jeunes népalais et ne se laissent pas démonter face à nos gabarits, et surtout celui de Rémi. Deux buts à mon actifs : un contre mon camp d'une magnifique tête lobée et un dans le but adverse. Les rires vont bon train, en particulier lorsque je me suis mangé un ballon en pleine tête et que mes lunettes ont volées! Il y a même de la musique en fond. Gigi nous rejoints (pas sur le terrain quand même) et me dira plus tard qu'il aura apprécié cette discussion simple avec des jeunes du coin. Pour les remercier, j'offre une tournée générale de Coca et de Fanta. De retour au campement, je retrouve un de mes compagnons de foot à se faire soigner par notre équipe médicalisée. Pas le temps de traîner car je suis attendu en cuisine pour préparer de la pâte à galette. J'ai parlé de cette spécialité bretonne à Ram qui m'a proposé d'en préparer. La cuisson de la pâte n'est pas aisée mais avec l'aide de l'équipe cuisine, nous finissons par y arriver. Il faut dire qu'ils prennent soin de moi, le fromage est déjà rapé et le cook a été exprès chercher du poulet qu'il a préparé à défaut de jambon. Je fais l'impasse sur la soupe, qu'on m'apporte finalement en cuisine. Au final, je me fais chasser de la cuisine, on insiste pour que je m'installe à table. J'espère ne pas trop les avoir déranger mais cela reste un grand souvenir d'avoir cuisiné en si bonne compagnie. Ces galettes complètes ne sont pas parfaites, il manque un peu de sel et elles sont un peu épaisses, mais j'en suis quand même content. A peine le repas terminé que le tam tam résonne et que tout le monde se met à danser et à chanter sur l'air de resam ke riri... Nous jouons au jeu de la « poule népalaise », on se tient l'une des jambes et à cloche pied il faut faire tomber les autres. En retour je leur explique le jeu de bûcheron canadien, bien m'en mal pris vu que je termine plusieurs fois sur le dos, avec le sourire!

Pendant que les plus éveillés d'entre nous prennent le désormais traditionnel alcool de millet autour du feu, je me retrouve avec les sherpas à trinquer. La discussion est chaleureuse et on me fait même des propositions pour passer la nuit en bonne compagnie si je le souhaite, mais non ce n'est pas ma conception du tourisme.


Kanigaon - Khudi :

Toujours aussi espiègles, Ram et moi piégeons la tente des filles (zip de la porte attachés de l'exterieur), le plan est déjoué par Sandra alors que Ram se prend les pieds dans les fils en voulant déguerpir... échec!

Retour à une randonnée au milieu des cultures en escalier. De magnifiques bambous refont leur apparition. Alors que la troupe file bon troupe, je traine à l'arrière et prends le temps de prêter l'oreil aux moindres bruits. Je croise ainsi deux perroquets qui discutent au dessus de nos têtes. Nous avons pris beaucoup d'assurance pour le franchissement des passerrelles, y compris quant elles sont très « élastiques » comme celle qui nous attends ce matin là. Le plus drôle est de parvenir à donner un mouvement de torsion qui entrave la progression de mes autres camarades. Un peu plus loin se dresse la dernière montée de notre séjour, bien que raide, c'est une formalité pour la petite troupe au mieux de sa forme que nous sommes. Je fais même la course avec Shin, droit dans la pente telle est notre devise, heureusmement que les globules rouges sont là. Je suis accueilli sur la place du village par un vieillard qui fume un narguillé. Il me propose de le prendre en photo contre rémunération, c'est bien tentant mais un peu contraire à mes prinicipes et je préfère renoncer. Pour nous remettre de cette dernière ascension, encore que je ne suis pas sûr que nous en ayons vraiment besoin, on nous sert un citron chaud et des gâteaux. Descente ensuite vers Ngadi au milieu de la vallée. Le repas de midi se déroule sur l'herbe grasse d'un lodge au soleil. De retour de m'être baigné les pieds dans le torrent, j'ai la surprise de voir qu'il me manque une de mes chaussures de rando. Enfin quand je dis surprise, cela me pendait au nez vu que je m'amusais depuis un petit moment à dissimuler les affaires de plusieurs de mes compagnons.

L'après midi est assez courte, nous rejoingnons la route en construction. L'équipe cuisine nous rattrape rapidement. Je ne sais pas si c'est la fin proche du périple ou si c'est habituel mais la bonne humeur règne au sein de la petite troupe. Ca rigole, ça se chamaille, ils s'amusent à se bourrer avec leurs grosses hottes, ... Nolan nous induit en erreur sur la fin et nous fait faire un détour par la route au lieu de traverser une derrière petite passerelle.

cochons.jpgArrivée au lodge vers 14h30. JP et moi avons droit à une douche privative. S'en suit une tournée de Ram qui vient récolter certains de nos médicaments ainsi que quelques prescriptions des médecins du groupe. Ce n'est pas la seule collecte, nous donnons aussi dans un grand sac des vêtements que nous souhaitons offrir aux porteurs. Pour ce qui est de l'attribution et de la distriubtion, elle est publique pour éviter tout litige. Dans un premier temps, nous donnons en main propre à Ram le pourboire, il est compté et recompté puis distribué devant tout le monde avec l'accord de chacun. Enfin les lots de vêtements sont distribués par tirage au sort. Une petite tension est palpable car certains lots sont plus attrayants : comme la grosse veste d'Hervé! J'offre à Nolan ma casquette de l'équipe de France de rugby en juste retour du topi.

Tout le monde semblant satisfait, nous prenons la direction de la salle commune pour un apéro gargantuesque et cette fois ci en compagnie de toute l'équipe. On nous sert du punch orange chaud et de l'alcool de Millet et surtout un florilège de tous les mets que nous avons eu à l'apéritif jusqu'à présent : cet apéro est un repas à lui tout seul. Mais bien entendu cela ne s'arrête pas là et nous avons droit à du Dahl Bat, à la népalaise : avec les mains. Pour couronner le tout, le plat est accompagné de piments à croquer. Malgré une certaine accoutumance à la cuisine relevée, les pailles des français ont encore du mal à les accepter. Je risque de le regretter mais je mets un point d'honneur à finir le mien. Ah l'orgueil fait parfois faire des choses stupides. Le repas se cloture par un gros gâteau et surtout la cérémonie des Manaslu d'or dont voici la liste :

Zip d'or : JP (coiffe au poteau Olivier également nomminé), Guigne d'or : Olivier (à l'unanimité), Ronfleur d'or : Francis (certains peuvent en témoigner), Médecins d'or : Sandra, Anne Chantale, Stephanie (il aurait été difficile de les départager tant elles ont été à l'écoute des petits bobos de notre troupe, mais aussi et surtout des populations locales), Photographe d'or : Rémi (en balance avec Brigitte), Blagueuse d'or : Françoise (elle n'est pas belge pour rien), Homme qui supporte la femme la plus pénible : Hervé (c'est lui qui le dit), et du coup la femme la plus pénible evers son mari (Brigitte, ça c'est encore Hervé qui le dit), Courage d'or : Gigi (notre doyen nous aura tous épatté du haut de ses 71 ans) et le matinal d'or : moi. Ont été également primés : le guide d'or et le cook d'or. Nous chantons «  et glou et glou, il est des notre » en tapant sur la table à chaque toast à la mirabelle (merci Gigi), quelle ambiance! Les locaux ont un peu de mal avec l'alcool de mirabelle (plus fort que ce qu'ils prennent souvent et non rallongé à l'eau chaude). Pour couronner le tout, le danseur d'or fait son apparition : chitalli! De nombreux duels s'engagent mais il est bien difficile d'égaler son déhanché ravageur, encore qu'Hervé ne soit pas loin d'y arriver.

La soirée se termine vers 20h30, nous sommes mis dehors par les proprios. Histoire de bien dormir, on nous propose de fumer des cigarettes qui font rires. Enfin quand je dis cigarette, il ne reste que le papier, tout le reste est composé de plantes locales... il est chargé mais tout le monde en prends peu et n'avale pas forcément, du coup c'est sans gros effets. J'ai d'ailleurs la liste des noms de ces dangereux délinquants qui fument des produits illicites (encore que je ne suis même pas sur que ça le soit là bas). Les filles de la chambre d'à côté auraient elles des hallucinations? Elles se mettent à crier qu'il y a une arraignée dans la chambre. JP et moi finissont par intervenir et mettre hors d'état cette pauvre petite bête. A noter que le bus arrive tardivement à cause de grèves autour de Katmandu... affaire à suivre!


Khudi - Katmandu


Le réveil est matinal à 4h00 pour un départ en nocturne à 5h30 avec au programme : 12 km sur une piste défoncée avec un bus chargés à plein, avec franchissements de rivière, ... nous sommes ballotés comme jamais. Space mountain, c'est pour les touristes. Et ce n'est qu'un début... nous avons à faire à un véritable fangio des routes. Cependant les courants d'air ne parviennent pas à dissiper l'odeur des porteurs qui ont pourtant pris une douche la veille. Nos nez délicats d'occidentaux ne parviennent toujours pas à s'y acclimater. Nous laissons les porteurs à un croisement pour Gorkha. L'adieu est chaleureux. Je sers avec plaisir et reconnaissance la main du doyen des porteurs (59 ans tout de même) en échange d'un dernier grand sourir. Un peu plus loin, un grand barrage est en construction. L'hydroélectricité est ici peu développée mais très convoitée, notamment par les indiens.

Le festival de notre fangio népalais continu, le double klaxonne en impose et est bien utile. Il y en a un simple quand la visibilité est limité, et un autre style cucaraça pour l'absence de visibilité... Doubler 4 camions en une fois sur une route de montagne, ça frise l'héroïsme ou l'inconsience... Nous ne sommes pas au bout de nos surprises pour une journée qui ne devait être qu'une simple formalité de transfert.

Le chauffeur fait une première halte pour faire le plein de l'essance : au siphon! A peine reparti que nous sommes de nouveau arrêté cette fois ci par une grève : bilan, une heure d'arrêt pour 3 étudiantes qui barraient la route. Les revendications sont obscures, il semble que deux étudiants aient été tués à Katmandu dans des circonstances étranges et manifestations maoïste et contre manfiestations se succèdent depuis quelques temps. Pour nous faire patienter, le cook s'en va nous chercher de petites bananes. Décidemment il aura pris le soin de nous jusqu'au bout. Je profites de cette pause pour faire un petit somme à l'arrière du bus.

Nous voilà enfin repartis mais nous craignons que ce ne soit que provisoir, nous croisons toujours peu de monde, ce n'est pas très bon signe. Effectivement, un autre blocage est installé dans la descente pour Katamandu. Ram négocie notre passage auprès des grèvistes et des autorités en prétextant que nous avons notre avion le jour même. Par contre si les touristes peuvent passer le barrage, il n'en est pas de même pour les népalais dans le bus qui eux sont concernés par les manifestations. Du coup ils sont obligés de passer le barrage à pied, barrage d'ailleurs constitué d'un simple drapeau tendu au milieu de la route. Ce qui est impressionant c'est le calme qui règne, les gens semblent résignés. Ram me demande ainsi qu'à Rémy et Chantal de nous assoir à l'avant du bus pour bien montrer nos visages occidentaux pour faciliter notre progression. Pendant ce temps, les népalais, qui nous avons ré-embarqués juste après le passage, sont cachés derrière les rideaux au fond du bus. Le barrage suivant est passé sans encombre, nous sommes maintenant sur le « périph' » et nous avançons rapidement. La circulation est quasi nulle, c'est exceptionnel dans Katmandu. En revanche, un fonctionnaire nous empêche de traverser Thamel, il y a eu des troubles et les manifestations ont dégénérés pas loin. Du coup nous descendons faire du shopping plutôt que d'aller à l'hôtel. Les rues sont relativement calmes, il faut dire qu'on apprendra plus tard que les rideaux se lèvent et se baissent suivant le risque d' affrontements. D'ailleurs nous avons traversés un groupe un peu belliqeux en bus avec barre de bois et de fer, certains d'entre eux ont même commencé à tapper avec leurs mains sur le bus... je dois dire qu'étant aux premières loges, je n'étais guère rassuré.

Le monde est parfois petit, nous croisons Sophie dans les rues. Une fois nos activités de shopping terminées nous rentrons à l'hôtel en taxi vers 15h00, la criculation commence en effet à se rétablir. Françoise et Gigi nous ont devancés en pousse pousse, enfin pas en dans les montées où ils devaient descendre et avec des sueurs froides en descente étant donné l'absence de frein!

Dans l'attente de mon sac qui tarde à arriver je file me ballader près du Stupa vu que l'hôtel est dans le quartier boudhiste. J'en profites pour acheter des « botteraux ». Je prends plaiser à saluer les gardes en népalais et ils ne manquent de faire un commentaires sur mon topi. Sur le retour je croise Ram et Rémi qui cherche un distributeur. L'appétit commençant à poindre, nous n'avons eu que quelques pâtes chinoises déshydratées et des gâteaux pour tout repas, Ram nous propose de manger des momo dans la rue. Pas le temps de dire que nous les préférons sans sauce, c'est déjà servi. Nos craintes se confirment, c'est bien taxi.jpgrelevé, d'autant plus que j'avale une bouchée de travers. J'en ai encore les larmes aux yeux. A peine le temps de prendre une douche qu'il faut repartir pour Thamel où nous devons manger avec toute l'équipe. Sophie, nous y rejoint, ayant souffert à nos côtés pour passer le col, elle est désormais intégrée dans le groupe. Le resto est un véritable répère d'européen. Le repas est excellent, pour rester local : dalh bat une fois de plus pour moi.

Il n'est que 21h quand nous sortons, pas question d'aller se coucher si tôt. Avec l'appui de Rémi, nous parvenons à motiver les plus jeunes d'entre nous pour sortir avec Ram dans un bouge du coin. Pour trouver, il faut être connaisseur, j'ai l'impression de rentrer dans un immeuble d'habitation. Nous débouchons en fait dans une grande salle à la déco un peu kitch qui oscille entre le restaurant et le cabaret. Quelques danseurs et chanteurs officient sur un podium avec un orchestre. Ils ne sont pas très bien réglés au niveau de la sono et sa tourne un peu trop à la cacophonie parfois. Par contre je tombe sur le charme d'une danseuse aux mouvements envoûtants. Une dame passe nous distribuer un petit papier et Ram nous explique que nous devons inscrire la chanson que nous souhaitons être entonnée par la petite troupe. Le morceau choisit par Ram est l'occasion pour nous d'aller chauffer la piste de danse. Quelques bières plus loin et un séjour un peu trop long dans les canapés moelleux de salle, nous décident à rentrer. Ram nous abandonne pour aller retrouver ses enfants dont l'un des fils vient de fêter son anniversaire. L'option taxi est finalement retenue pour le retour. A 5 dans un mini taxi, plus le chauffeur qui se prend lui aussi pour Fangio, c'est du sport. Nous manquons d'y rester plusieurs fois. Nous évitons de justesse poteaux, chiens et autres nids de poules. Rémi annonce tant bien que mal au chauffeur les obstacles : ornière 2m, chicane poteau-chien avec bus en face à 10 m... A ma plus grande surprise nous arrivons sans encombre à l'hôtel où un bon lit douillet nous attends!


Katmandu - Paris :


Mon horloge est toujours réglée : réveil à 5h30. Je pars écrire mes cartes postales. Le petit déjeuner n'est pas si tranquille que souhaité vu qu'un nuée de japonais débarque alors que je m'installe. Je pars me ballader ensuite au Stupa. En cette heure avancée où les touristes ne sont pas encore de sorti, c'est magnifique. marche.jpgBeaucoup de népalais viennent se recueillir autour du stupa un chapelet à la main. Les échoppes et les étales s'ouvrent petit à petit. La vie se met en branle et je goutte avec délectation à ces moments. Je suis attiré sur le chemin du retour pour un étrange bourdonnement. J'entre dans la cour d'un monastère où les moins sont en pleine méditation dans le temple, c'est très impressionant.

De retour à l'hôtel, j'enfile mon maillot de bain et part piquer une tête dans la piscine : brrrrr, l'eau est froide mais cela fait du bien. J'ai ensuire rendez vous dans le hall de l'hôtel avec Ram, Anne Chantal et Olivier pour aller faire un tour dans le centre. J' y retrouve Sophie qui a bien voulu me guider pour cette matinée. Elle commence à avoir une solide expérience de Katmandu. Nous errons dans Thamel et le centre historique de Katmandu. L'architecture y est magnifique. De nombreuses petites cours s'offrent à nous, avec au milieu souvent un petit temple ou hotel d'influence hindouiste. Par contre il est dommage qu'ils ne prennent pas plus soin de leur patrimoine, certains habitations sont dans un état de délabrement avancé. Au gré de notre progression, les rues sont de plus en plus animées. Chaque métier semble avoir son quartier : tisserants, épices, ... Je ne sais pas comment Sophie fait pour se repérer car c'est un véritable dédale. Nous atteignons le coeur de Katamandu où sont regroupés les principaux temples et l'ancien palais royal. A noter que sous l'un d'entre eux se déroule un don du sang dans des conditions d'hygiène qui me semble discutable. Juste à côté du palais se trouve la maison de la Tsurami, véritable hégérie qui est supposée protégée la famille royale. Sa particularité est d'être choisie à sa plus jeune enfance et de rester cloitrée jusqu'à la puberté. Un peu plus loin, c'est un temple érotique qui se dresse. La variété et la complexité de la religion hindouiste me laisse perplexe. Il sagit plus en fait d'un mode de vie où tout est mélangé : religion, vie sociale, ... mélange que j'ai bien du mal à cerner. Toujours plus loin, nous tombons sur un petit bassin où le relicat d'eau sert à la toilette publique!

Le gros morceau de la matinée arrive enfin : la visite du palais royal. Le calme tranche avec l'animation aux alentours. La famille royale n'habite plus dans ce palais depuis plusieurs années, il a du coup été reconverti en musée sur les anciens occupants des lieux (enfin ceux qui étaient appréciés, c'est à dire tous sauf le dernier). Au hasard des couloirs nous tombons sur deux gardiennes, très sympas. Indira et ???. L'une à son fils mariés à une française. Elle nous considère comme des amis et nous propose de revenir à volonté en se présentant comme tels à l'entrée. Elle en profites pour réajuster mon topi que j'ai bien du mal à porter comme il se doit. Les sourires vont bon trains. Le bâtiment est composé de nombreuses cours et jardins ce qui est plutôt rare. Les espaces verts ne sont pas légions. Du haut d'une des tours, la vue est superbe sur une bnne partie de Katmandu. Nous avons en plus la chance d'être à une période où la pollution y est réduite. Le travail du bois de ces bâtiments est vraiment d'une finesse exceptionnelle et me laisse admiratif.

La matinée est déjà bien avancée et mon estomac commence à crier famine. Nous retournons dans Thamel en quête d'un petit resto. Ce sera finalement végétarien. Comme d'habitude, c'est excellent et je me régale avec du riz aux fruits, noix et légumes avec des momos et des épinards au fromage. Je regagne l'hôtel en taxi sans encombre, mais avec encore un chemin différent. Mon orientation est mise à mal. La petite troupe se réunie une dernière fois pour un toast avant de partir à l'aéroport. Françoise nous gratifie d'un superbe poème, lu avec beaucoup d'émotions.

Le trajet à l'aéroport le l'embarquement se déroule sans encombre. Nous patientons autour d'un petit tarot.

Comme à l'allée, le repas est bien épicé (dal bat pour changer), mais je commence à m'y adapter. Cela me semble moins le cas pour Sandra qui errera en quête d'une pharmacie à l'aéroport de Bahrein. Il faut dire que les quatre heures d'escale au milieu de la nuit nous en laisse le temps. Je pique un petit som' sur des sièges un peu isolés. La deuxième partie du voyage est une formalité. Je résiste un peu devant un film avant de sombrer définitivement.

A peine arrivé que presque tout le monde s'éparpille, nous sans une petite pointe d'émotions. Reste Hervé, Brigitte et JP pour un dernier café avant de nous séparer.

Je suis de retour chez moi vers 10h00. Tout en ordre hormis les bananes pourries qui trônent sur le bar... oups et les plantes quasi déséchées. Je file acheter croissants et baguette pour un petit déjeuner avec du beurre demi sel... cela sonne le retour progressif à la normale. Enfin une normale qui ne sera plus tout à fait la même tant se voyage ne m'aura pas laissé indifférent.


Publié dans Rando

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