Canoe au Québec

Publié le par Nicolas

Je profite de l'ouverture récente de mon blog pour mettre en ligne le journal de bord de mon voyage au Québec (septembre 2005). Jusqu'à présent il s'agit de l'un de mes plus beau voyage alliant à la fois des aspects culturels (découverte d'un pays), sportifs (canoë) et environementaux.

 

Jeudi 15 septembre :
Rendez vous à 13h00 à l’aéroport Paris CDG. Distribution de bouteilles de vin par Hervé, notre accompagnateur CCAS à destination de nos guides locaux Québécois. Nous embarquons à l’étage de boeing 747, la classe : il y a de la place pour les jambes, on nous sert du champagne en apéritif, on a même notre petit écran de télé individuel !
Arrivée vers 21h00 heure locale (1h00 en France). Pierre, notre guide, nous attends à l’aéroport. « Bonjour je m’appelle Pierre Desjardins, nous avons encore 2h30 de route jusqu’à l’hôtel. Qu’est ce qui est transparent et qui sent la banane ? … un pet de singe». Le décors en jeté, en route vers les grands espaces.
Au milieu de notre trajet pour Wakefield, pause pour se ravitailler en Donuts ! Le premier contact avec ce pan de la culture nord américaine est décevant : c’est gras et sucré. Arrivée vers 23h00 à l’hôtel. Avant de goûter à un repos tant attendu, nous devons encore préparer notre paquetage pour le canoe. Sous les conseils de Pierre, la sélection est draconienne. Nous nous couchons vers 0h00 (6h00 heure française), une bien longue journée de transport.
 
Vendredi 16 septembre : premier jour de canoë
 
Petit déjeuner salé, ou déjeuner en québécois, à 7h30. Pierre prend la parole : « Bonjour je m’appelle Pierre Desjardins, nous avons encore 2h30 de route jusqu’à l’hôtel, à non ça je l’ai déjà dit ». Il nous présente Daniel, notre deuxième guide. Nous avons encore 3 heures de route pour accéder au point de départ du canoe. Nous embarquons donc rapidement à bord de nos 2 vans.
A noter lors d’une pause à une station service la découverte du café vanille français, premier d’une longue série pour certains d’entre nous.
La dernière heure de trajet se fait sur des routes forestières à moitié défoncées que nos guides empruntent à toute vitesse…
Débarquement du matériel et pique nique avant de nous mettre en route. Nous sommes deux par canoë, les 11 canoës sont composés dans un premier temps comme suit : Eric – Emmanuelle, Nicolas – Sandrine, Nabil – Aurélie, Sébastien – Lydie, Mikaël – Emilie, Hervé – Géraldine, Pierre – Florence, Daniel – Bruno, Stéphane – Frédéric, Ludovic – Franck, Saïd – Nicolas.
Le périple débute enfin. Même si la théorie veut que la ligne droite soit le chemin le plus court, la mise en pratique s’avère délicate. En discutant avec mon camarade de galère, j’apprends qu’il est un gadzart de Metz, comme mon frère, et qu’en plus il le connaît. Le monde est parfois petit !
Arès 3h00 de canoë en zigzag et un premier portage. Nous installons notre premier campement juste au bord d’une cascade : grandiose !
Première baignade pour récupérer de nos émotions. Pour une fois et un peu contre nature, nous pouvons boire la tasse ! En effet l’eau de la Coulonge est potable. D’ailleurs Pierre nous a donné des consignes afin de préserver ce contact avec la nature qui devient de plus en plus rare. Ne rien jeter bien sûr, mais également ne pas se laver dans la rivière, ne pas y faire la vaisselle, tout nettoyage est effectué à l’écart et l’eau de rinçage est versée dans un trou qui est ensuite rebouché. Pour aller aux toilettes, des bidons sont aménagés à l’écart du campement. Les déchets doivent être soient remportés, soient brûlés dans le feu. Enfin le must, pour nous brosser les dents, nous devons tous cracher dans le feu…
Le repas du soir est fait au feu de bois : poupées de maïs bouillies agrémentées de sel et de beurre. Pour ceux qui n’aimeraient pas l’eau de la Coulonge, Pierre à amener plusieurs variété de « Tang » de différentes couleurs… j’avais oublié ce que c’était et ça ne manquait pas tant que ça.
Tour de table ou plutôt de foyer pour que tout le monde se présente. Nous profitons ensuite du feu de camp pour veiller sous le ciel étoilé, veillée qui durera jusqu’à 23h00 pour les plus courageux. Après avoir pris soin de noyer le feu, nous allons nous coucher.
 
Samedi 17 septembre : deuxième jour de canoë.
Les «Bon matin » commencent à fuser de toute part, pour ma part, je prends un malin plaisir à employer les expressions québécoises. Premier déjeuner en plein air : céréales, confiture, miel, beurre de cacahuète et Nutella ! Du pain grillé ou plutôt des rôties servent de support à ces mets. Sous les conseils de Daniel, les plus téméraires d’entre nous essaient la rôtie miel – beurre de cacahuète. Je trouve ça très bon, mais un peu trop « énergétique ». L’eau pour le café est chauffée directement sur le feu de camps que Stéphane, premier levé, a eu la bienveillance de rallumer.
Nous replions rapidement tout le campement. Les bidons restent pour le moment sur le bord, une séance d’initiation est en effet programmée sur le replat situé en contre bas du campement.
Pierre nous explique les 4 gestes à connaître pour « survivre » à ce périple. Deux pour celui situé à l’avant : appel de bordée et contre appel, et deux pour celui de l’arrière (dont le très difficile coup du cygne).
C’est la personne située à l’arrière qui dirige la canoë, cependant celle située à l’avant à également un rôle non négligeable : elle doit éviter les obstacles qui n’ont pas été anticipé, notamment dans les rapides. Ensuite mise en application, nous devons foncer vers la berge et tourner dans la direction que Pierre nous indique … au dernier moment.
Dernière manœuvre à réaliser, comment récupérer quelqu’un qui a dessalé, et pour cela il faut quelqu’un à l’eau… Pierre propose que nous nous opposions deux par deux en essayant de nous retourner. Vu que tout le monde se regarde, mais que personne n’agit, Pierre et Daniel prennent les choses en main ! La moitié des canoës sont rapidement retournés. La récupération en T consiste à monter le canoë retourné au milieu d’un autre, à l’endroit celui-ci, puis de le retourner une fois qu’il s’est vidé de son eau. Les deux canoës sont ensuite mis bord à bord afin d’aider les « naufragés » à remonter.
Nous voilà fin près pour descendre la rivière et nous nous mettons en route. Après une petite heure de descente, un petit banc de sable nous accueille pour le repas du midi. En apéritif Pierre nous fait découvrir des huîtres fumées. Malgré une apparence pas forcément très entraînante, celles-ci s’avèrent très bonnes.
Le repas est constitué d’une salade, de fromage, de jambon, de fruits et de gâteaux. C’est simple et bon.
Encore deux à trois heures de canoë et nous atteignons notre bivouac. Celui ci est juste au dessus d’une plage de sable. Certains d’entre montent leur tente directement sur la plage malgré le risque d’humidité.
Sur la plage, des traces de caribous et de loups sont mêmes visibles. Elles semblent être même relativement récentes. Je vais me baigner et plonger sur un rocher en face du campement. Chacun vaque tranquillement à ses occupations, certains vont se promener, d’autres entament une partie de Volley qui se termine par une partie de tomate. La plupart d’entre nous prennent une « douche » un peu à l’écart du campement. C’est plutôt rudimentaire mais cela fait du bien.
Un bon repas de pâtes aux champignons nous attend ensuite au campement. Un suisse (petit écureuil version Tic et Tac) rôde autour de campement afin d’en avoir une petite part.
Pierre nous explique ensuite les règles de jeux de « bûcherons » québécois. Le « pousse-pousse », face à face (environ à 30 cm l’un de l’autre), il faut essayer de déstabiliser l’adversaire en poussant ses mains. Le premier qui bouge les pieds a perdu. « L’arrache bras », les adversaires se collent leurs pieds opposés, se serrent la main, et essayent de faire bouger l’autre en tirant sur le bras. Là encore, le premier qui bouge un pied a perdu ! Simple et physique ! Hormis Eric qui s’est fait broyer la main et bien que plusieurs d’entre nous sont tombés lourdement sur le dos, pas de blessures graves à déplorer. Vu le ciel parfaitement dégagé et la pleine lune omniprésente, un départ en nocturne est soumis au vote, mais ce dernier ne rencontre pas un vif succès. Daniel sort ensuite sa guitare pour entamer des chants de sa composition et des morceaux des Cowboys Fringants. Une atmosphère chaleureuse s’installe autour du feu de camp.
Pierre enchaîne par des chants plus ou moins paillards, rythmés par deux cuillères qu’il agite avec dextérité. Dommage que nous ne soyons pas en mesure d’enchaîner par des chants français, si ce n’est Joe Dassin et un gros couac sur « le temps l’emportera » de Noir Désir. Daniel clôture la soirée par Karma Police de Radiohead.
 
Dimanche 18 septembre : troisième jour de canoë.
Réveil une fois de plus sous la brume. Les arbres et rochers se reflètent dans la rivière sous la brume ce qui donne une atmosphère insolite à la scène.
Un petit suisse (le même qu’hier soir ?) nous accompagne pour le petit déjeuner. Avant le départ, Pierre organise une petite séance d’assouplissement sur la plage. Je la trouve bienvenue, il faut dire que mes épaules ont rarement été mises autant à contribution.
Dans l’espoir de voir des animaux, nous partons en deux groupes et en silence. Pas une parole ne doit être échangée pendant une heure… une bénédiction pour les couples : pas de critique possible sur la conduite du canoë !
Nous croisons quelques oiseaux mais malheureusement pas de mammifères. Où sont donc les ours, castors, orignaux et autres caribous ? Cependant je trouve l’expérience particulièrement agréable, quelle sérénité se dégage de cette nature calme et sauvage !
Petite pause bonbons sur une plage. Les substituts de fraise tagada québécoise ne sont pas exceptionnelles. Ludovic et moi nous mettons à jouer les trappeurs, nous suivons les traces d’un petit ours sur la plage. Elles semblent être relativement récentes. Il y a également des traces d’un échassier. Nous demandons à Pierre de quel animal il s’agit, mais il n’est malheureusement pas en mesure de nous répondre.
Nous reprenons notre descente, les tacos commencent à s’accumuler pour tout le monde à force de s’empaler régulièrement sur des rochers. Les comptes ne sont pas vraiment tenus mais il me semble que Hervé et Géraldine tiennent la corde !
Le pique nique est pris sur une plage de sable. Pierre nous gâte une fois de plus, nous avons le droit à du melon en dessert : simple et rafraîchissant. Tout le monde profite ensuite du soleil qui est omniprésent cette journée. Une partie de Volley en 3 contre 3 s’organise sur un terrain avec filet fictif. Encore une petite baignade et nous nous remettons en route.
Après 2h00 de canoë, nous atteignons le campement. Enfin à peine, il reste une « petite » difficulté : un portage ! Pierre nous préviens que nous allons comprendre ce que le mots douleur et solidarité peuvent signifier… et il n’avait pas tort. Au cours de ce portage Eric nous gratifie d’une belle chute lors du franchissement d’un tronc d’arbre, heureusement sans conséquence. Stéphane lui ne s’en tire hélas pas à si bon compte et n’échappe pas à une entorse de la cheville. Le campement est situé au bord d’une cascade. Pour une fois, nous ne prenons pas l’eau dans la rivière qui est un peu trop brassée par la cascade, d’autant plus qu’il y a mieux : une source a à peine 100 m du campement.
Après avoir monté le campement, une baignade quasi générale s’organise au pied de la cascade. Certains d’entre nous ont la mauvaise idée d’un peu trop s’en approcher. Daniel et Pierre, après avoir lancé un « tabernacle » pour première réaction, réagissent rapidement et empêchent toute progression encore plus hasardeuse.
Cependant, à la demande d’Hervé, nos deux guides acceptent d’accompagner ceux qui le souhaitent « dans la cascade », mais avec leur VFI (Veste Flottante Individuelle). Lydie, Sébastien, Mikaël Bruno, Hervé, Nabil et moi acceptons de tenter de relever ce petit défi. Au menu de cette petite boucle : nage ou plutôt « lutte » dans le courant, passage de rochers en rochers, plongeon à plat ventre sur un rocher affleurant (sans risque avec le VFI), bref après de belles émotions, il ne nous reste plus qu’à rentrer et à compter nos bleus !
Au menu du soir : Tapas ! Les tomates, poulets, guacamole, purée de poids chiches, sauce blanche, poivrons partent rapidement. Seuls les oignons rencontrent un peu moins de succès.
Jean, un troisième guide, nous rejoints en cours de soirée. Son physique « frêle et chétif » de bûcheron québécois lui vaudra d’être surnommé « Robocop » ou « le piston » par Ludovic et Eric.
 
Lundi 19 septembre : quatrième jour de canoë.
Déjeuner québécois en ce bon matin : Pancakes ! Servis avec des morceaux de nectarines, de fruits secs et l’incontournable sirop d’érable, c’est un régal. L’hiver approchant, Mikaël et moi, à l’image des ours canadiens, préparons nos stocks et enchaînons les pancakes.
Départ en canoës vers 9h00 comme tous le jours. A peine monter à bord que Pierre nous demande de former une étoile avec tous les canoës. La séance d’assouplissement se déroule cette-fois ci sur l’eau.
Nous nous mettons ensuite en chemin. La routine s’installe, nous commençons à « filer droit », mais cela n’empêche pas les tacos de s’accumuler… Il faut quand même préciser à notre décharge que, selon Pierre, la Coulonge a rarement été aussi basse en cette saison.
Eric et Nabil se sont mis dans le même embarcations. Dans l’espoir de retourner Pierre, Eric se prend pour Mitch dans « Alerte à Malibu » et plonge du canoë ! Courageux mais le VFI le ralenti trop, dommage.
Pour une fois, il n’y a pas de portage avant le campement. Nous nous échouons donc directement sur une plage de sable. Nous commençons à prendre nos marques et le campement est vite mis en place. En effet, après avoir monté tous les bidons sur la berge ainsi qu’un canoë qui fait office de table, tout le monde se met à l’œuvre. Pendant que certains montent les tentes, d’autres s’occupent de dresser les deux bâches qui nous servent d’abris (soumises une seule fois à l’épreuve de la pluie, et encore en pleine nuit), de couper du bois, d’allumer le feu et de préparer le repas. Après cela, c’est quartier libre.
Nous commençons d’abord par buller au bord de la Coulonge avant de nous mettre à table. Au menu : pâtes à la sauce tomates-fromage-oigons. Une fois de plus, un suisse cherche à partager le repas avec nous. Hervé et moi reprenons notre penchant de « paparazzi » et nous mettons à la chasse à la photo. Ce petit animal est cependant une star bien difficile à cadrer, non pas qu’il soit craintif, mais quelle rapidité.
Une fois la vaisselle effectuée, certains entament une partie de tarot tandis que d’autres se lancent dans une partie de foot sur la plage. Cette dernière oppose les « sans maillots » : Géraldine (qui a gardé quand même le sien), Eric, Hervé, Bruno, les deux Nicolas contre les « Québecois » : Daniel (en fait le seul), Nabil, Ludovic, Saïd, Emmanuelle et Sébastien. Le match se déroule jusqu’à la tombée de la nuit et se termine par une victoire 2-1 des « sans maillots » et heureusement sans blessé. Après s’être bien défoulés, certains optent pour la solution la plus simple pour se « refroidir » : la baignade en nocturne dans la Coulonge.
Tout le monde se retrouve ensuite autour d’un feu bien agréable. Quelques vêtements et chaussures trempées fleurissent autour du foyer dans l’espoir de les faire sécher. Daniel sort ensuite sa guitare pour des chants tour à tour entraînants, relaxants et chaleureux. La veillée se poursuit pour quelques uns autour de simples discussions.
 
Mardi 20 septembre : cinquième jour de canoë.
L’absence de portage la veille se paie dès le matin. Nous débutons la journée par un portage afin de contourner une cascade !
Pierre nous rassemble ensuite pour une séance de méditation sensée réveiller nos sens et nous permettre de faire corps avec la nature. Il poursuit ensuite par un discours très intéressant sur le respect de la nature et sur la culture amérindienne. Ces deux valeurs sont d’ailleurs très liées et ont toutes les deux beaucoup soufferts de l’arrivée des européens. Il faut savoir que la forêt autour de la Coulonge a perdue tous ces plus beaux arbres. Ces derniers ont été majoritairement coupés au cours du XVIIIème afin de construire des bateaux. Ils étaient coupés et posés sur le bord de la Coulonge dans l’attente des crues. Celles-ci les emportaient jusqu’au Saint Laurent ou les « draveurs » les récupéraient. A noter que les portages que nous empruntons l’étaient déjà par les amérindiens !
Avant de nous remettre en route, Daniel tente de passer la fin du rapide. Après une première tentative infructueuse, la deuxième est la bonne.
La journée est un peu plus animée qu’à l’accoutumée. Plusieurs rapides s’enchaînent à notre plus grand plaisir. Nous défions même les statistiques puisqu’un aucun de nous ne chutent sur un rapide où pourtant Pierre avait prévu au moins un dessalage.
Les rapides les plus difficiles se déroulent sous les conseils de nos trois guides qui nous indiquent par où passer. Comment souvent, nous avons du mal à appliquer la théorie, et plusieurs d’entre nous optent sans le vouloir pour des voies d’eau plus « originales ». Le résultat est cependant bien là, personne n’est allé à l’eau sur ces rapides.
Il faut attendre un passage plus « facile » pour que Mikaël et moi « goûtions » à l’eau de la Coulonge. Vu que le temps est devenu relativement frais, Pierre nous donne rapidement des vêtements chauds.
Heureusement la pause de midi arrive rapidement. Pour une fois, un feu de camp est même allumé. Pierre et Daniel nous préparent du pain fourré au fromage fondu qui est le bienvenu.
Vu que le temps commence à devenir menaçant, le départ est rapidement donné.
Les berges de la Coulonge sont désormais recouvertes de galet. Le dernier bivouac de notre périple est donc situé cette fois-ci juste au dessus d’une plage de galets. Nous montons les tentes aux milieux des arbres. Une partie de volley s’organise à proximité du foyer sur un espace réduit aux milieux des arbres. Daniel prend le jeu très à cœur et n’hésite pas à se jeter dans les branches pour récupérer le ballon. Pour ma part, j’abandonne le jeu après avoir faillit écraser la guitare. Il faut vraiment croire qu’une bonne étoile veille sur nous puisque le temps se dégage à nouveau. Une fois le campement monté, je vais m’isoler une dernière fois au bord de la Coulonge afin de profiter du calme et de la sérénité qui se dégage de ce paysage.
Quelques patineurs s’agitent au bord de la rivière aux milieux des galets. Il s’agit de petits insectes en sustentions au-dessus de l’eau, qui se déplace par à coups, à grande vitesse et de façon hasardeuse. Nous avons d’ailleurs croisés beaucoup la veille. A l’approche de nos canoës, ces petites bêtes se dispersaient en laissant une myriade de petits sillons aléatoires.
Le repas du soir est préparé exclusivement pas nos guides : poulet à l’ananas et riz. Une réussite pour les amateurs de sucré-salé.
Pour le dessert, Pierre nous sort le pain de mie et le surplus de Nutella. Il semble qu’il ait été habitué à des plus gros consommateurs de pâte à tartinée lors de séjours précédents. Avec Ludovic, nous avons remarqué une petite grille laissée sur place. Elle est constituée de deux petites grilles qui peuvent être resserrées. Bref un toaster idéal pour des morceaux de pain de mie. L’équation est donc simple : deux tranches de pain de mie, une bonne dose de nutella , de bonnes braises et un toaster, cela donne de délicieux toasts au nutella fondu. Au début, seulement Ludovic et moi-même mangeons notre préparation, puis après un premier moment d’hésitation, plusieurs d’entre nous finissent par se décider à y goûter également.
Des parties de tarot et de Yam’s se mettent ensuite en place. La partie de Yam’s semble plutôt animée, je n’ai pas tout suivi mais les discussions vont bon train à la fin de celle-ci.
Le ciel est parfaitement dégagé, nous en profitons pour descendre sur la berge pour y observer les constellations. Le réparage s’avère difficile puisque la disposition est différente de celle observable en France. La grande ours nous semble également étonnement plus grosse qu’en temps normal.
Au fur et à mesure de la soirée, la fatigue se faisant sentir et la fraîcheur tombant, le nombre de personnes diminuent progressivement autour du feu de camp. « Et à la fin il ne doit en rester qu’un… ». Vu le ciel parfaitement étoilé et la pleine lune qui se profile, j’opte pour la nuit à la belle étoile à proximité du foyer. Je vais donc récupérer mon duvet et mon matelas et m’endors donc tranquillement à la chaleur de la braise, avec les arbres comme murs et le ciel étoilé pour seul plafond. Je me réveille deux fois dans la nuit, vers 2h00 et 4h00, ce qui me permet de suivre la progression de lune au dessus de ma tête. J’entends également le doux clapot de la Coulonge, le bruissement des arbres, ainsi que les ronronnements de Pierre et Jean…
 
Mercredi 21 septembre : sixième et dernier jour de canoë – Wakefield.
Je me réveille vers 6h00. Le temps est brumeux sur la Coulonge. J’assiste au levé du soleil qui diffuse de superbes couleurs roses orangées dans la brume.
J’essai ensuite d’allumer le feu, et petite satisfaction personnelle : j’y parviens sans papier en utilisant juste des brindilles et des écorces de boulots, par contre un briquet est encore indispensable. Peut être que j’apprendrais à utiliser des silex et ou des morceaux de bois lors d’un autre séjour.
Après un bon petit déjeuner, nous chargeons une dernière fois les canoës avec des bidons qui se sont fortement allégés.
Les deux dernières heures qui nous séparent de la fin de notre périple sont animées : batailles d’eau à tout va et dessalage (seul où avec « assistance »). Mikaël et moi qui somment de grands garçons le faisons tout seul, enfin surtout moi. En cherchant à accélérer l’allure, je plante la pagaie, le canoë prend appui dessus ce qui a pour effet de la déstabiliser et … trop tard… nous sommes à l’eau.
A noter que Nicolas essai le canoë une place dont la conduite ne semble vraiment pas évidente, mais, après une courte période d’adaptation, il s’en sort cependant très bien.
Notre périple en canoë se termine en fin de matinée. Les canoës sont remontés rapidement sur la rive et chargés sur les vans sous les conseils de Daniel. Pendant ce temps, Pierre et Jean sont partis cherchés la voiture de ce dernier restée au niveau du troisième bivouac.
Nous voilà de retour à la civilisation, après une semaine en pleine nature et coupé du monde, c’est une étrange sensation.
Après avoir fait des courses dans un supermarché, nous nous arrêtons pour pique niquer sur une aire au bord de la route. Nous mangeons du poulet rôtis avec des chips accompagnée d’une bonne bière ou d’eau en bouteille… l’eau de la Coulonge me manque déjà !
Jean nous quitte à la fin du repas. Dommage, c’était vraiment quelqu’un de très appréciable, toujours aimable, souriant et avec de l’humour.
Arrivée à Wakefield vers 15h00. Pierre nous laisse quartier libre jusqu’à 19h00. Rendez vous est donné à 17h00 pour ceux qui souhaitent visiter Wakefield et y prendre un pot. Plutôt que me plonger tout de suite sous la douche, je pars faire un petit footing pour découvrir les environs. Il fait un peu chaud, mais cela fait du bien de se dégourdir les jambes, surtout après une semaine où nous sommes restés dans les canoës. Je pense faire le tour de ce que je crois être en lac, mais qui s’avère être une rivière. Je passe donc une petite demi heure à la longer avant de revenir vers Wakefield. Je bifurque ensuite sur un circuit qui mène à un belvédère. Je passe notamment à côté d’une petite station de ski. Il y a peu de pistes mais elles sont assez pentues. En haut, le point de vue est superbe, le paysage est très vallonné avec des arbres à perte de vue. Je redescends ensuite pas un petit sentier en sous bois bien agréable, il aurait sûrement fait le bonheur de VTTistes. Je regagne ensuite le motel pour prendre ma douche. Il ne me reste que 10 minutes, pas le temps de me raser, je vais donc garder encore un peu ma tête de Yeti. Bien que courte, elle est vraiment très appréciable après une semaine dans de l’eau froide.
Départ ensuite pour Wakefield, village tout en longueur avec de belles maisons victoriennes d’influence anglophone. Nous nous arrêtons à la terrasse d’un pub pour prendre un pot et profiter tranquillement du soleil.
Départ pour Hull à 19h00. Nous retrouvons les enfants de Pierre au restaurant. Le restaurant a une déco plutôt sobre à tendance sud américaine. Cela fait une semaine que nous n’avons pas mangé assis à une table, nous retrouvons donc petit à petit le confort auquel nous sommes habitués dans notre quotidien. Au cours du repas, Pierre nous propose d’aller voir un match de Hockey le dernier soir à Montréal. Pour cela nous devons par contre nous restreindre sur les budgets logement et nourriture et apporter une participation de 15$. La proposition est adoptée à l’unanimité.
Après le restaurant, Pierre nous emmène a proximité du musée des civilisations. Situé juste en face d’Ottawa, il offre un joli point de vue nocturne sur les institutions canadiennes (Ottawa est la capital du Canada).
Une dernière demi heure de route nous reconduit à notre lit, ultime symbole de confort, pour une bonne nuit réparatrice.
 
Jeudi 22 septembre : Wakefield – Hull – Trois Rivières.
Rendez vous à 7h30 pour le déjeuner. Dans la mesure où de longues étapes de transferts nous attendent, tout le monde s’est mis d’accord pour se lever tôt, cela afin de profiter un maximum de nos journées et de ne pas passer notre temps que dans les vans. De même que le premier jour, un bon petit déjeuner salé nous attends, servi avec du vrai café que les habitués semblent apprécier.
Nous voici de retour à Hull pour visiter le musée des civilisations. A peine descendu du van qu’un écureuil noir passe juste devant nous. Bien qu’en pleine ville, celui ci semble très à son aise.
La visite du musée est décomposée en deux parties. Dans un premier temps un guide nous fait une petite visite guidée du Hall et des salles sur l’histoire du Canada, ensuite nous avons un quartier libre d’une heure pour visiter les autres salles et expositions.
Le Hall présente de nombreux totems et habitats conçus par les peuples amérindiens. Les salles du premier étage sont elles orientées vers les différentes périodes de développement du Canada : Des premiers hommes au Canada d’aujourd’hui. A noter qu’un ciel a été reconstitué avec une étonnante réalité. Cela permet d’apprécier d’autant plus les reconstitutions, que ce soit un camp de bûcherons ou une rue au XIXème. Cette première partie de la visite est particulièrement intéressante vu que nous sommes vraiment immergées dans les différentes époques au travers des reconstitutions.
Chacun est ensuite libre de poursuivre la visite à sa guise. J’opte pour l’exposition sur les premiers hommes. Je suis particulièrement frappé par les gâchis humain et culturel perpétrés par les colons européens. Quelle dommage que nous ayons cherché à briser cette civilisation si proche de la nature en imposant notre mode de vie et de pensée. Le temps de visite est malheureusement trop court pour explorer pleinement cette exposition, c’est un peu frustrant.
Juste le temps de passer acheter quelques cartes postales et nous nous remettons en route, direction Trois-Rivières.
Pierre et Daniel ont eu la bonne idée de prendre des CD, dont les Cowboys Fringants. Les textes de leurs chansons sont simples mais développent des idées auxquelles j’adhère pleinement. J’ai même des frissons lors de ma première écoute de morceau « plus rien ».
Nous nous arrêtons pique niquer sur une aire au bord d’une rivière qui est certes agréable, mais bien loin de l’éclat naturel de la Coulonge.
Arrivée à Trois Rivières en fin de journée. L’hôtel est situé juste en face d’une usine de papier, nous avons de la chance que les vents ne nous ramène pas les odeurs… Par contre il dispose d’une piscine (en extérieure). Stéphane à la grande idée demander à Pierre si on peut justement aller à la piscine. La réaction de nos deux guides québécois est immédiate, Stéphane a bien la droit à une baignade, mais celle-ci est forcée dans la douche de notre chambre (je loge avec Saïd et Bruno). Nabil, qui a essayé d’infliger le même sort à Daniel, se retrouver également douché.
L’heure du repas est avancée en catastrophe, Pierre venant de se rendre qu’il ne nous restait plus qu’un seul restaurant ouvert et qu’il ferme à 21h00. Sur le chemin du restaurant, nous avons même la « chance » d’être bloqué 10 bonnes minutes par un train de marchandise desservant la papeterie ! A peine arrivé, nous prenons la direction du buffet qui est à volonté.
Direction ensuite le centre ville de Trois Rivières pour ceux qui souhaitent sortir dans un pub. Pierre propose également de tirer les cartes à tous ceux qui le désirent pendant le séjour. Florence sera la première à faire le pas ce soir là. Il ne s’agit pas de prédire l’avenir mais plutôt d’une thérapie qui doit nous aider à nous faire parler (enfin c’est ce que j’ai cru comprendre).
Un petit concert nous attends au pub. Il est donné par une violoniste et un guitariste qui nous jouent notamment … les Cowboys Fringants. Sachant qu’ils ont eu la bonne idée de distribuer en plus des maracas, l’ambiance est assurée. Nous avons également droit à un morceau de Louise Attaque au cours duquel les « cousins français » se déchaînent. Une québécoise qui fête son anniversaire se voit même offrir une bière et inviter sur la « scène ». Bref, l’ambiance est vraiment chaleureuse.
Une première vague se décide à rentrer avec Daniel vers 23h30. Suite à une incompréhension entre Daniel et Pierre, il n’y en aura pas de deuxième rapidement et les derniers rentrent malheureusement à pied (une petite demi-heure).
 
Vendredi 23 septembre : Trois Rivières – l’île aux Coudres.
Petit déjeuner salé à l’hôtel, puis trajet jusqu’à l’île aux Coudres (les coudriers sont des noisetiers). Nous passons devant Québec et les chutes de Montmorency. Québec signifie « là où la rivière se rétrécie » et pourtant le fleuve est déjà bien large ! Ludovic remarque une tête de Caribou sur le capot d’une voiture. Après renseignement auprès de Pierre, ce n’est pas étonnant, c’est l’ouverture de la chasse et il est de coutume que la première bête tuée soit accrochée à l’avant du capot comme trophée. Charmant, d’autant plus qu’il y avait même un filet de sang qui coulait.
Les ingénieurs de la DDE québécoise n’ont pas l’air de connaître les lacets… pour accéder au départ du bac, il faut emprunter une pente à 25% ! Etonnant pour une route qui semble être importante. Au Québec, les bacs sont considérés comme faisant parti du réseau routier, il n’y a donc pas de péage.
Nous débarquons sur l’île vers midi. Pierre nous propose d’aller déguster une spécialité québécoise : la poutine. Il s’agit de frites servies avec du fromage et de la sauce. Après de longues discussions et beaucoup d’incompréhensions, nous réussissons à passer la commande de poutines et de sandwichs club. Bon, je pourrais dire que j’ai goûté à la poutine, mais je ne pense pas renouveler l’expérience. Au final, le goût n’est pas exceptionnel et avec la sauce, les frites perdent leur croustillant.
Nous rejoignons ensuite l’hôtel. Celui-ci est idéalement situé à la pointe nord de l’île en bord de mer… pardon du fleuve. En fait vu la largeur du Saint Laurent, on a vraiment l’impression d’être sur la côte.
Nous avons quartier libre pour l’après midi avec des vélos à disposition. Un petit tour de l’île se profile, soit environ 20 km.
Avec Ludovic, Eric et Bruno, nous nous laissons tenter par une rosalie à quatre place. Le seul petit inconvénient, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de braquet. Du coup on affiche un bon 8 km/h en pointe de vitesse (hors descente). Les pneus sont également sous gonflés et on ne sait pas si les freins marchent vraiment. Bref ce n’est pas une Rolls-Royce et ça promet ! Pour nous mettre en jambe, une première grosse montée nous attends dès le début. On parvient à garder un rythme de folie, au moins 3km/h dans les plus fortes pentes ! Ensuite nous alternons un fonctionnement 2 roues motrices ou à propulsion. De toute façon que l’on soit deux ou quatre à pédaler, ça ne change pas grand chose sur le plat. Tous les vélos nous dépassent petit à petit, nous leur demandons de surtout pas nous attendre s’il veulent faire le tour de l’île. Après avoir longé la côte sur 3 à 4 kms, nous empruntons une route qui traverse l’île afin de réduire le trajet. On aurait bien continué mais la rosalie n’est pas équipée de phares… Nous passons à côté d’un dépôt de tourbe qu’un tractopelle est en train de charger. Cela provoque un nuage de poussière que nous avons la malchance de traverser. Pas de chance de Bruno qui est au volant et doit garder quand même un œil sur la route. Pour ma part, afin d’éviter des poussières dans les yeux, je navigue en aveugle. La route se poursuit ensuite par une grande ligne droite que de gros trucks empruntent. Le déplacement d’air est impressionnant lorsqu’il nous doublent. Certains répondent même à nos signes par un sympathique klaxon. Nous entamons ensuite la dernière côte de la journée en rosalie, le passage en version 4x4 s’impose.
Quelques framboisiers bordent la route. En y prêtant un peu plus attention, nous nous apercevons qu’il y a un peu de couleur rouge parmis les feuilles. Nous arrêtons sans trop de peine notre véhicule pourtant lancé à pleine vitesse ! La dégustation de framboises est la bienvenue, il y a juste un arrière goût de pas assez. Pendant qu’Eric, Ludovic et moi avons le dos tourné, Bruno (le traître) tente une échappée en solitaire. Sa carrière de voleur de voiture sera courte s’il ne choisit pas de véhicules suffisamment puissants pour échapper à la patrouille. Nous le rattrapons en trottinant. Nous atteignons le village par lequel nous sommes arrivés en bac. Lors de notre passage en van, Pierre nous a conseillé de faire une halte au musée du cidre ! Il semble que du fait de ces origines françaises, la région est productrice de cidre. Le musée est assez sommaire, par contre une nouvelle dégustation s’impose. Plusieurs produits à base de pommes sont disponibles : du cidre classique, mais également du cidre « tranquille » (non pétillant) et des liqueurs.
La route est ensuite en travaux, du coup elle ressemble plus à un chemin avec de grosses ornières. L’absence de suspension sur la Rosalie se fait sentir à notre plus grande joie. Comme si cela ne suffisait pas, Ludovic qui a pris le volant s’amuse à zigzaguer sur les chemins d’entrée des propriétés. Jusqu’à présent, nous n’avons fait que monter… la descente commence à se profiler. Elle est assez pentue avec deux courbes. Nous faisons un premier test de freinage au début de la descente afin de vérifier leur fonctionnement : RAS. Résultat, on lâche tout et vu la masse que l’on représente, la vitesse augmente vite. Ludovic propose de tenter un freinage d’urgence juste après la dernière courbe. Nous bloquons tous les quatre les roues au même moment, les pneus crissent un bon coup et nous dérapons sur cinq mètres. C’est certes bien marrant mais on a par contre perdu tout notre élan.
La progression se poursuit ensuite le long de la côte. Juste devant nous, nous apercevons une voiture qui semble aller à peine plus vite que nous, c’est à peine croyable. Quel beau challenge que de doubler une voiture avec une rosalie. Nous repassons à quatre roues motrices à plein régime. Malheureusement, le moteur est semble-t-il trop puissant pour la transmission. La chaîne déraille : nous sommes trahis par la mécanique. Le temps de la remonter et notre défi est à l’eau.
La dernière partie nous semble un peu monotone et le besoin de nous dégourdir se faisant sentir, Eric, Ludovic et moi nous relayons pour pousser la rosalie en courant. Nous remettons la rosalie et sa place et prenons à la place des vélos. Eric et Ludovic optent même pour un tandem. Au moment de prendre les vélos, on nous précise que l’on n’a pas le droit aux scooters et aux rosalies… trop tard !
Nous partons ensuite à contre sens pour rejoindre le groupe, que nous retrouvons au musée du cidre, enfin à la dégustation. Les vélos, de même que les rosalies, ont semble-t-il beaucoup souffert. Les vitesses sont difficiles à passer mais au moins cela permet d’avancer plus rapidement. Sur le chemin du retour, Ludovic et Eric passent la surmultiplié. J’essai de les suivre tant bien que mal. J’ai juste le temps de les voir enchaîner les courbes de la descente comme des fous. Il faut cette fois-ci rendre les vélos sur la partie haute de l’hôtel, une dernière côte se profile donc. Vu que Ludovic et Eric sont très « joueurs » (comme moi), nous nous lançons dans une petite course de côte. Après être partis très fort, je commence à revenir sur mes deux compagnons d’échappé sur la fin de la côte. A ma vue, ils essaient de remettre une accélération mais malheureusement ils sont trahis par la mécanique et déraille. Ils s’empressent de remettre de la chaîne, une autre défi les attends : la même course mais contre Daniel. Ne souhaitant pas rater ça, je me pose tranquillement sur le bas côté en haut de la côte. Peu de temps après, je vois Daniel débouché suivi de près par Eric et Ludovic… qui courent à pied en poussant le vélo. Ils ont visiblement encore été trahis par la mécanique mais ne veulent cette fois ci rien lâcher. Ce n’est hélas pas suffisant pour eux et j’assiste à la victoire de Daniel. Cela clos en beauté notre petite équipée cycliste.
De retour à l‘hôtel, deux solutions s’offrent à nous : se poser tranquillement ou une partie de volley. Une petite moitié d’entre nous choisi cette deuxième option.
Le terrain est en herbe et le filet pas trop tendu ce qui facilite le jeu, on peut en effet plonger et smasher plus facilement. Nous débutons à quatre contre quatre avant de faire un set à cinq contre cinq : Emilie, Mikaël, Ludovic, Bruno et moi contre Emmanuelle, Eric, Saïd, Hervé et Nabil. Ces derniers finiront par s’imposer, mais les grands vainqueurs seront les moustiques qui nous auront littéralement bouffés. Cela n’a quand même pas empêcher de passer un très bon moment.
Je passe rapidement sous la douche avant de prendre l’apéro. Celui ci s’organise finalement dans notre chambre (je loge comme souvent avec Saïd et Bruno).
La dégustation entamée à la cidrerie se poursuit. Plusieurs d’entre nous ont en effet ramener plusieurs bouteilles à cet effet (liqueur pomme-poire, cidre, cidre tranquille, …).Après cette petite mise en bouche, nous prenons la direction du restaurant de l’hôtel. Le cadre y est très chaleureux : tout en bois avec une grande cheminée à l’entrée. Dommage par contre que le repas ne soit pas à la hauteur. A noter qu’Eric a confondu la boule de purée de son plat de résistance avec de la glace à la vanille. Il a commencé par tout manger et y à goûter en dernier en s’écriant : mais c’est de la purée !
Une soirée dansante est ensuite organisée. Notre présence baisse sérieusement la moyenne d’âge des clients. Nous allons un peu danser avant de finir la soirée à discuter tranquillement sur la terrasse.
 
Samedi 24 septembre : l’île aux Coudres – Tadoussac.
A notre réveil, un superbe levé de soleil nous attends sur les rives du Saint Laurent. La terrasse du restaurant est bien agréable. Pour une fois, nous avons le choix entre petit déjeuner salé et pancakes.
Nous reprenons ensuite une fois de plus la route, direction Tadoussac. A noter une pause au bord d’un lac ou les couleurs de l’été indien sont de plus en plus présentent. Un dernier bac nous permet de traverser un fjord et d’arriver à Tadoussac.
Certains d’entre nous ont même la chance d’apercevoir des belugas. Arrivée à l’auberge de jeunesse vers 12h00. Après un pique nique aux abords de l’auberge, nous partons nous promener dans les environs. Nous débutons par un « chemin » en pleine nature avant de récupérer le vrai qui est lui parfaitement aménagé. Il nous amène à un belvédère qui surplombe la jonction entre le St Laurent et la rivière de Saguenay. Nous descendons ensuite vers la ville de Tadoussac pour y visiter le Centre d’Interprétation des Mammifères Marins. Les baleines semblent voir leur écosystème relativement perturbé et leur survie semble en partie menacée. La dimension de ces animaux est impressionnante. Les plus grands peuvent atteindre 30 m et peser 130t ! En tant que mammifère, il est amusant de voir que les os composant les nageoires sont identiques à ceux de nos mains, mais pas tout à fait aux mêmes dimensions…
Nous regagnons ensuite l’auberge de jeunesse pour retrouver Hervé que nous avions perdu. Il a pris la direction opposée à celle que l’on avait prise et c’est organisé sa propre randonnée mais il semble qu’elle ait été un peu plus difficile que la nôtre.
Nous partons ensuite vers un observatoire d’ours. L’accueil est effectué dans un petit hangar chauffé par un poêle, l’atmosphère y est chaleureuse.
La visite commence par la projection d’un film sur la vie des ours, mais également sur les abus que lui font subir les hommes. Les images sont choquantes, mais peut être nécessaires pour une réelle prise de conscience.
Nous prenons ensuite place dans un bus jaune d’écolier pour accéder à l’observatoire. L’ensemble du bus est recouvert de messages, le bus est en fait le livre d’or de la visite. Après être descendu du bus, nous gagnons en silence le poste d’observation. Des ours sont déjà présent.
Il s’agit d’ours noir. S’ils sont là, c’est en grande partie parce qu’il y a des beignets. Dommage car cela ne colle pas particulièrement avec le discours de préservation des ours. Le sentiment de cette observation est donc mitigée. Il n’en reste pas moins que ces animaux au premier abord un peu patauds semblent en réalité des plus agiles.
Le froid est tombé rapidement et nous regagnons rapidement l’auberge de jeunesse ou un repas simple mais excellent nous attends : cipaille (tourte à la viande et aux pommes de terre) et pudding du chômeur.
Petite partie de billard avec Ludovic. Puis certains d’entre nous entament une petite partie de Jungle speed animée. Emilie semble notamment avoir quelques difficultés avec la carte où il faut poser ces mains sur le totem !
 
Dimanche 25 septembre : Tadoussac – Québec.
Levé à 6h00 du matin, il faut bien ça pour aller observer les baleines des les meilleurs conditions. Le départ est prévu à 7h00 au port. Pierre nous a conseillé de nous habiller chaudement. En plus de cela, on nous fournit un pantalon et une veste de cirée. Cela aurait pu sembler excessif au premier abord mais finalement ce sera loin d’être la cas vu la fraîcheur matinale sur le bateau. Nous embarquons tous dans le zodiac, le pilote nous explique les règles de sécurité, mais également celles pour ne pas trop déranger les baleines. L’approche ne doit pas être inférieure à 200m, voir 400m pour les espèces les plus rares. Le temps est dégagé et nous sommes les seuls sur zone. Une fois de plus nous avons la chance d’assister au levé du soleil dans un cadre et des conditions exceptionnelles. Après quelques minutes d’observations, nous apercevons les premières baleines : des belugas. Ce sont des baleines blanches de 6 à 8m. Parmis les nombreux belugas que nous observons, il y a même des petits (encore gris) qui nage dans le sillage de leur mère.
Après avoir profité de toutes ces furtives et gracieuses apparitions, nous nous rendons sur une autre zone en espérant voir d’autres sortes de baleines. Nous entamons la traversée du fleuve en direction d’un phare, malgré notre rapide progression, la rive opposée semble encore loin, il faut dire qu’il y a plus de 20 km de distance. L’observation sur c
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Publié dans Voyages

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P
Les années ont passé, quel plaisirs de lire cette article et de revivre cette expédition, merci à toi, Pierre Desjardins
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