Les Bretons font du ski

Publié le par Nicolas


Samedi 27 janvier :

Départ dans la bonne humeur de Paris pour les pistes de ski des Contamines. En effet après plusieurs semaines de doutes, il semble que la neige soit enfin au rendez-vous. 30 cm de neige fraîche sont tombés la semaine précédente et le froid a fait son retour, ce n’est certes pas énorme mais ça devrait nous suffire. Vivi et Philou me retrouvent dans le train, une compagnie bien agréable pour passer les 5 heures de trajets pour les Alpes. Les paysages enneigés nous accompagnent tout du long du trajet, de quoi nous mettrent en appétit.

A peine descendus du train que les hostilités débutent. Les boules de neige commencent à fuser ! La bataille s’arrête rapidement, je suis mis hors jeu par Philou (le fourbe) par un tir en pleine tête. J’ai même des éclats qui restent figés dans l’oreille.

Nous sommes les premiers arrivés à l’appartement, enfin plutôt aux appartements. Nous bénéficions de deux superbes duplex spacieux de 6 personnes en plein centre du village. En attendant l’arrivée des autres compagnons, j’accompagne Vivi et Philou qui partent louer leur matériel de ski. Le paysage de la vallée est superbe en cette fin d’après midi avec des teintes orangées. J’en profite pour faire quelques clichés, premiers d’une longue série.

Un invité surprise nous retrouve au magasin de sport. Goulven, qui travaille dans un centre de vacances à proximité, nous rejoint pour passer le week-end avec nous. Au passage, il en profite pour nous ramener à l’appartement avec le matériel de ski, une aide bien appréciable pour les fainéants que nous sommes ("le sportif intelligent évite l’effort inutile" : M. Mégot).

Le gros des troupes arrive enfin en provenance du grand Ouest (Brest, Nantes, Angers et Poitiers) : Guylain et Stéphanie (nos deux hôtes) accompagnés de Tonton (un vrai marin breton), Nico (ou Astérix), Hélène (Point Vert), Seb’, Pierre et Damien.

Nous prenons possessions des lieux et adaptons l’organisation des appartements. Nous déménageons l’un des clic-clac et le remplaçons par une table et toutes les chaises. Du coup, nous voici avec un appartement pour 4 avec une grande tablée conviviale pour tous, et un autre à vocation de dortoir pour 8. Il ne manque plus que Romain et nous serons au complet. J’apprends avec amusement, mais allez savoir pourquoi sans surprise, que Romain a raté son train. Il nous précisera plus tard qu’il a vu les portes se fermer devant son nez. Vu qu’il n’y a plus de bus pour son arrivée, Seb’ descend le chercher.

En l’attendant, nous prenons notre premier apéro de la semaine, et pas le dernier bien sûr. Au menu ce soir, nous entamons la semaine par un grand classique : une tartiflette. Merci au passage à Gou qui a eu la bonne idée de ramener trois reblochons du cru et du génépi pour la digestion.

Fatigués par nos trajets respectifs, nous allons nous coucher. Enfin pas tous, Romain, Tonton et Pierre décident d’explorer le village et partent en direction du Ti Breizh. Malgré ce nom à consonance bretonne, le serveur ne connaît pas la koreff. Quant nos joyeux bretons lui précisent qu’il s’agit d’une bière de Morlaix, ça réponse fut, c’est où Morlaix ? Encore un bar qui n’a de breton presque que le nom.

A noter que Tonton, jugeant de lui même que sa propension à ronfler pourrait nous gêner, s’installe dans le salon.

 

Dimanche 28 janvier :
 

Je me réveille avec le doux ronronnement de Tonton à l’étage supérieur (ce sera d’ailleurs la seule fois que je l’entendrais de tout le séjour). Fidèle à mes habitudes, je pars en quête du pain graal. Cette fois-ci c’est beaucoup plus facile qu’en Russie. Déjà les enseignes sont en français et puis il n’y a qu’une seule rue principale… Retour à l’appartement avec bon nombre de baguettes et de croissants.

Après avoir récupéré forfaits et matériels pour tous, les choses sérieuses commencent ! Nous entamons en douceur par… une piste rouge, puis une noire ! La neige est bonne sur la piste, un régal de retrouver de si bonnes sensations de glisse. En plus, le soleil est bien au rendez-vous, pas le moindre petit nuage à l’horizon. Rien pour obstruer une superbe vue sur le massif du Mont Blanc.

Tout le monde est au niveau ce qui permet de descendre à un bon rythme et surtout de rester tous ensemble. Je comprends enfin le surnom de point vert dévolu à Hélène. Elle arbore une superbe combinaison de haute couture verte. Première chute du séjour, je me suis senti pousser des ailes un peu trop vite et la sanction n’a pas traîné !

Pour nous remettre d’une matinée déjà bien remplie, une petite halte s’impose. Nous optons pour des transats au soleil, accompagnés au choix d’une bière, d’un vin chaud, d’un jus de fruit ou d’un café.

L’après midi se déroule tranquillement à explorer le reste du domaine des Contamines. Je quitte le groupe en fin d’après midi pour un retour station bucolique. J’opte pour un petit chemin en sous bois bien agréable (pour moi mais pas pour la semelle de mes skis).

De retour à l’appartement, nous entamons la deuxième principale occupation du séjour après le ski : manger (je me demande d’ailleurs si ce n’est pas en fait la première occupation). Après un riche goûter, nous prenons la direction de l’office du tourisme pour le pot d’accueil. J’ai déjà eu l’occasion de goûter au green chaud (mélange de chocolat chaud et de chartreuse) et je préfère ne pas ré-éditer cette expérience douteuse.

Ce soir nous optons pour un menu de sportif (le seul de la semaine) : des pâtes au thon.

 

Lundi 29 janvier :

La météo est encore clémente aujourd’hui, pas le moindre petit nuage en vue. Deux faits « marquants » à noter pour cette journée :

Alors que pour le plus grand plaisir de Nico, le seul surfeur du groupe, nous empruntons un tire-fesses, Philou assure le show. Allez savoir pourquoi, il perd le contrôle de sa perche sous notre regard amusé. Je ne sais pas si c’est la crainte de la raillerie qui l’a motivé, mais il ne lâche pas le morceau. Après s’être fait traîner sur quelques mètres, il parvient à rétablir la situation au prix d’un superbe 360° sur le dos.

Alors que je m’arrête au bord de la piste, je vois Romain débouler avec l’indéniable intention, et au combien mauvaise, de ma balancer une gerbe de neige en dérapant. Il semble qu’il est cependant mal évaluer l’état de la neige et sa vitesse, puisqu’il dépasse l’objectif. Je le vois continuer sa course droit dans le creux qui borde la piste… puis plonger de 3 ou 4 mètres dans ce dernier. Je m’attendais même à voir voler un ou deux skis, mais sa science de la glisse à repris le dessus et il s’étale tranquillement en contre-bas, sous notre regard amusé, cela va s'en dire.

Pour agrémenter notre menu du midi, nous dégustons, en plus de la classique charcuterie, de la bonne tome de montagne. Pas de doute, le régime de base du vacancier au ski s’articule autour de quatre grands mets : du fromage, des patates, de la charcuterie et encore du fromage ! Confirmation dès le soir avec au menu : une raclette.

La soirée s’articule autour des 2 « ateliers » : une coinche pour les plus calme d’entre nous, un jungle speed pour les plus toniques ; et pas n’importe quel jungle speed : le flower power (pas du tout peace and love, contrairement à ce que l’on pourrait croire). Heureusement que les voisins sont absents ou éloignés, les machines à rire que sont Hélène et Vivi résonnent aux éclats. La bonne humeur est même tellement communicative que nous ne savons plus pourquoi nous rigolons.

Difficile d’aller se coucher avec la tension accumulée dans le jeu, certains optent même pour Derrick à la télé afin de clamer leurs nerfs.

 

Mardi 30 janvier :

Le 3ème jour : celui des blessures ! La confiance commence à revenir et la fatigue à se faire sentir, ce qui ne fait pas souvent bon ménage. Philou n’aura même pas le temps de se sentir en confiance sur les skis : il se déplace une côte en voulant les porter pour sortir de l’appartement. Enfin ça c’est la version officielle, mais peut être voulait simplement rendre visite à une charmante kiné… Malheureusement, sa blessure est suffisamment sérieuse pour l’empêcher de nous rejoindre sur les pistes avant le lendemain. Pour lui, ce sera bronzette en terrasse aujourd’hui. Ah oui, bien sûr comme d’habitude le soleil est à son zénith.

L’action de la journée est à mettre sur le compte de notre surfeur adoré. Pris dans son élan à l’arrivée d’un télé-siège, il décide de tenter un strike sur les piquets plantés sur le côté. C’est un double échec, il ne fait qu’un spare, et surtout il chute d’un bon mètre dans le vide qui est derrière. Il y laissera quant même un pouce (petite entorse).

Pour faire varier les plaisirs, ce midi c’est BEAUFORT !

Je vous laisse maintenant admirer la glisse d’une bonne partie de mes compagnons dans le border cross. Nous ne sommes pas encore suffisamment inconscients pour le faire tous ensemble dans des « vrais » conditions de course.


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Vidéo envoyée par ricolas


Ce soir, nous optons pour une simple omelette… enfin pas si simple puisqu’elle est garnie de fromage, tomate, lardons, oignons eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeet de pommes de terre !

Les plus vaillants d’entre nous partent assister à un concert de musique irlandaise au Ti Breizh. Pour ma part, je me limite à une coinche avec Romain contre Guylain et Nico. Ces deux là font vraiment la paire et nous achèvent rapidement.

 

Mercredi 31 janvier :
 

Philou réintègre le groupe ce matin. Enfin pas directement, il nous abandonne au milieu du trajet de la navette pour changer de bâtons… il en a laissé une moitié dans la porte de l’ascenseur ! La porte c’est en effet refermée sur l’un de ses bâtons, ce qui n’a pas empêché la cage de monter et de se bloquer entre les étages. La seule façon de dégager les prisonniers a été de couper le bâton.

Le temps s’est dégradé aujourd’hui, l’ensoleillement n’est que de 90%, la pire journée de la semaine. Nous entamons la journée par un petit slalom. Il n’est pas chronométré mais il ne fait aucun doute que je les ai tous pourris, et surtout Romain. A noter également la sortie de piste de Damien, qui nous rejoint même à pied. En déchaussant il a déréglé ses skis, heureusement un pisteur nous vient en aide et réajuste sa fixation.

Tonton nous gratifie ensuite d’un superbe 360°, il existe même une preuve, mais je vous arrête tout de suite, elle n’est pas en ma possession.

En fin de journée, nous découvrons une petite piste non damée à l’écart du domaine : la combe. Malgré le fait que la neige soit tombée depuis une semaine, celle-ci ne semble pas trop transformée. Aux petits cris de Romain, il ne fait aucun doute que la neige est bonne.

La piste se termine par une petite combe parsemée d’arbustes, ce petit slalom est des plus ludique et agréable.

De retour à l’appartement, nous prenons notre traditionnel goûter avant d’enchaîner par une partie de Uno. Même si nous optons pour une version soft au départ, nous craquons quelques fois et sanctionnons quelques écarts. Moi et Romain sommes plutôt partisans de la méthode « dure », c’est quand même toute l’essence du jeu, de pouvoir charger les autres.

Le programme de la soirée : bière-foot (Lyon-Marseille en coupe de France), non pas accompagné de pizzas mais de diots de Savoie ! Je prépare ces petites saucisses avec des oignons et du vin blanc, et ma foi je suis bien content du résultat : la semaine culinaire se poursuit. Pour la bonne conscience, nous accompagnons ce plat de carottes, salades et … purée de pomme de terre.

La fin de soirée se termine par un taboo à 3 équipes. Je suis avec Damien, Tonton et Seb’ : une vrai dream team ! Nous nous faisons étriller par nos adversaires (Steph’ est impressionnante). Et encore heureux que l’on ne puisse pas reculer les pionts quant on fait trop de fautes…

 

Jeudi 1 février :
 

A mon réveil, je découvre avec stupeur un ciel bouché. Vous y avez cru ? Eh bien vous avez tort ! Grand soleil une fois de plus pour la journée. Le contre coup de ce temps magnifique, c’est que la neige fond à vue d’œil. Quelques pistes commencent à avoir des plaques de terres et les versants sud semblent bien dégarnis.

Le rythme est de plus en plus soutenu et nous dévalons les pentes quasiment sans pause. Par contre mes compagnons compensent largement se manque avec la pause du midi. Pour ma part, je repars un peu plus tôt faire quelques pistes avant de les rejoindre. A mon retour, je lance une petite bataille de boules de neige. Philou provoque Tonton, bien mal lui en pris, cela se termine par un placage bien appuyé de sa tête dans la neige.

Gou nous rejoints en fin de journée, il est en congé le lendemain. Au programme ce soir : randonnée nocturne en raquettes avec un guide puis resto.

Nous retrouvons Joël, notre guide, vers 19h00. La nuit est tombée, le temps de nous équiper et nous nous mettons en route. Le ciel est dégagé et la pleine lune a fait son apparition. Nous n’avons même pas besoin de frontales pour avancer. La vue est superbe sur la vallée et le massif du blanc. La balade est accompagnée des commentaires de Joël sur les massifs environnants et sur l’histoire et la culture savoyarde. Il me donne bien envie en parlant de faire du ski de rando en nocturne dans de telles conditions.

Après deux petites heures de balades, nous atteignons le restaurant. L’accueil est chaleureux dans un beau chalet de bois. Au menu, fondue savoyarde : la boucle est bouclée, nous avons passé revu les « classiques » du vacancier hivernal. Je suis en face de Joël à table. J’apprends qu’il fait parti des « furieux » de l’ultra trail du Mont Blanc : 8500 m de dénivelé, 160 km d’une traite. Pour sa part il aura mis 38 heures ! Le gagnant affiche le bel âge de 58 ans pour un temps de … 21 heures ! Il nous précise également qu’il vient de retaper une ferme de 1648, un bien joli projet. Entre autre, nous discutons de l’enneigement : il est tombé 85 cm en cumulé cette année, contre 8 m l’année dernière. Les parts de fromages sont dignes de ce nom et nous terminons le repas repu.

Heureusement nous reprenons les raquettes pour une petite heure histoire de faire couler ce bon repas. Sous l’effet de l’humidité ambiante, une couche de cristaux a fait son apparition sur la couche de neige. Les scintillements qui en résultent ajoutent un caractère féerique à un paysage qui était déjà grandiose.

La promenade se termine presque un peu trop vite à mon goût, je serais bien parti faire l’ascension du col du Joli pour bénéficier d’une vue sur le Mont Blanc.

 

Vendredi 2 février :
 

Ce matin, nous avons la chance de pouvoir assister à une épreuve de la coupe du monde de ski Cross. La piste est un enchaînement de bosses, sauts et virages. Si les qualifications semblent « un jeu d’enfant » (les concurrents descendent un par à un et joue le chronomètre), les choses sérieuses commencent avec les phases finales qui se déroulent par éliminations. Descendre à quatre de front sur une telle piste relève presque de la folie. Les deux meilleurs de chaque tour sont conservés jusqu’à la finale. Pour une fois nous renonçons à nos traditionnels transats au soleil pour déjeuner au bord de la piste et suivre toute l’épreuve.

Après avoir skié à 12 toute la semaine, ce qui est déjà signe de la bonne entente qui a régnée toute la semaine, nous nous séparons pour une fois. Chacun laisse parler librement ses spatules pour cette dernière après midi. Je finis avec les cuisses en feu, mais content d’avoir profité jusqu’au bout de cette session de ski.

Une partie de colons de Catane s’organise après le goûter, sans Romain qui ne veut pas tenter remettre en cause son anti-invincibilité.

Pendant ce temps, il nous prépare sa spécialité : la quiche surprise. Au menu ce soir donc, tartes salées et sucrées : quiche au saumon, au thon, tartes tomates- chèvres et quiche surprise (lardons, oignons, fromage, tomate).

En dessert, j’ai préparé une tarte tatin (je n’ai hélas pas encore atteint la maîtrise du caramel de ma maman). Celle-ci est servie avec une petite bougie musicale pour l’anniversaire de Tonton.

Nous lui offrons un livre, du beaufort, du saucisson et du génépi. Pour nous remercier, Tonton débouche la bouteille et surtout entame des chants de marins bretons : mon p’tit garçon a capella et la petite va-vache ! C’est poignant ces petits chants, surtout repris tous en cœur. Et puis les mimes qui accompagnent la petite va-vache valent le détour. Je l’aimais bien le p’tit tonton…



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Vidéo envoyée par ricolas

Pour clore cette dernière soirée en beauté, nous jouons au jeu des post-it. Chacun marque un nom sur un post-it et le colle sur le front de son voisin de droite. Ensuite il faut essayer de trouver son personnage en posant des questions. Tout le monde fait preuve d’imagination et voici les associations plus ou moins heureuses effectuées : Hélène/Loana, Damien/JC Van Damme, Tonton/Dumbo (qui a eu du mal à trouver avec comme indices un animal de Walt Disney qui vole grâce à ces grandes oreilles), Seb’/Rocky, Philou/Tintin, Vivi/Michel Platini, Pierre/Marsupilami, Romain/Gargamel, Gou/Tarzan, Steph’/Maïté, Nico/Mère Térésa, Guylain/Capitaine Caverne (très adapté vu sa tignasse) et moi/barbapapa (mon surnom aurait-il légèrement transpiré).

 

Samedi 3 février :
 

Nous expédions rapidement le ménage et quittons à regrets le théâtre d’une semaine « d’exploits ». Les derniers instants sont mis à profits pour l’écriture des dernières cartes postales, histoire qu’elles ne partent pas avec un cachet de Paris. Le retour se déroule sans encombre en compagnie de Vivi et Philou. La fatigue accumulée tout au long de la semaine nous fait sombrer à tour de rôle.

Merci à tous mes joyeux compagnons pour cette grande semaine de joie et de bonne humeur.

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Publié dans Voyages

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R
Ils sont magnifiques ces panoramiques !<br /> On sent la pratique !<br /> Bravo, bravo ! (faudra que je les récupère un de ces 4 !)<br /> Rom'
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