Rando Gd Paradis

Publié le par Nicolas

Cela faisait déjà quelques temps qu'avec Damien (un ami Toulousain), nous pensions à mettre en ligne les comptes rendus de nos randonnées.

Pour débuter, voici le road book d'une rando de huit jours autour du grand paradis en Italie en septembre 2005. Je ne peux que conseiller aux amateurs de rando ce secteur riche en paysage grandiose, animaux (bouquetins) et avec une flore non moins exceptionnelle.

 

 

Randonnée dans les parcs du Grand Paradis et de la Vanoise,

du 27 août au 4 septembre 2005

Road book de l’araignée mécanique, daft punk, l’usine à gaz et la loco

  

 Samedi 27 août : Cogne (1554 m) – Refuge V. Sella (2584 m)

    

Nous passerons sur le voyage en train et les ronflements d’Eric pour commencer le récit à notre arrivée à Chamonix et l’accueil de Damien.

9h25 : il nous attend sur le quai avec des croissants. Bel effort, mais pas suffisant. Direction le café d’en face pour prendre un petit déjeuner en attendant la navette pour Courmayeur.

J’ai même le temps d’aller retirer quelques sous et acheter une sauce pour les pâtes (j’aurais pu le faire avant mais bon … c’est moi).

10h00 : départ pour Courmayeur, une première par le tunnel du Mt Blanc pour tous.

Arrivée à 10h45, et là on croise des espèces de fous qui s’amusent à faire le tour du Mt Blanc en moins de 45h ! (le commun des mortels met 8 jours pour faire les 160 km et 8000 m de dénivelé). Conclusion : ce truc n’est pas pour nous.

Ensuite départ pour Aoste où l’on prend le temps de manger  une dernière pizza :ENORME !!!

13h35 : Bus pour Cogne. Les essuie-glaces du bus se mettent en route pendant la montée, ce n’est pas très bon signe.

Arrivée à 14h30 à Cogne. Préparation : remplissage des gourdes et … pancho avant le grand départ.

Le sol est assez humide et le terrain glissant. Les premières montées sont une succession de scènes d’acrobatie. C’est DUR la marche ! Après quasiment un an derrière un écran et à se servir seulement de deux doigts (ctrl C – ctrl V), monter les 1000m qui nous séparent du premier refuge relève d’un défi surhumain !

Dans les premières pentes, on longe un sentier botanique, pourquoi pas !?!

Et cette pluie qui ne s’arrête pas (on se croirait aux vielles charrues). Mon pancho est trop grand, je marche dessus et je le déchire : BRAVO !

A noter que j’ai un compagnon d’agonie à l’arrière du peloton : Rico ! Il doit être dans la même situation que moi, pas de sport pendant un an… C’est dommage on se dit que le paysage doit vraiment être magnifique … quand il fait beau !

Après 4h de supplice, on finit par arriver au refuge.

Romain

 Après de courtes discussions, nous craquons pour la deuxième fois de la journée (après la bière-pizza du midi) : nous décidons de passer la nuit en refuge plutôt que monter la tente sous la pluie. Nous partageons la chambre avec deux allemands, mais heureusement ce n’est pas la place qui manque vu que la chambre est prévue pour 14 personnes et que l’ensemble du refuge peut en accueillir 160.

Premier repas de pâte avec la sauce bolognaise acheter fraîchement du matin … et sûrement pas le dernier. Nous entamons ensuite une partie de carte accompagnée d’une petite bière (pour la récupération bien sûr). La tente est mise en enjeu et le grand gagnant est … Rico !

Nicolas

  

 

 

  Dimanche 28 août : Refuge V. Sella (2584 m) – col Lauson (3299 m) – Tignet (1610m)

 

 Je me réveille à 6h30, vu le sommeil profond de Rico, je sors faire une petite escapade d’une petite heure. Le ciel c’est dégagé pendant la nuit et je profite enfin du paysage sous de belles couleurs matinales. Je croise même un chamois au détour d’un sentier. Il est à 20m de moi et semble tout aussi surpris que moi. Il me jette un sifflement aigu avant de gravir rapidement la pente. Retour ensuite au refuge où je croise Damien qui vient de se lever … et cela semble difficile.

Nicolas

 Après une nuit de merde pour moi (migraine oblige), nous entamons l’étape qui nous mènera au sommet de notre vie : le col Lauson (3299 m). Après un petit déj’ copieux, on entame la montée (9h30) sous un soleil relativement présent. Nous croisons tout d’abord quelques marmottes avant de passer à côté d’un grand nombre de bouquetins qui semblent habitués à la présence humaine.  La montée est longue et les derniers mètres s’avèrent difficile, surtout en ayant l’impression d’avoir un morceau techno dans la tête. C’est sans doute à ce moment là que le philosophe du groupe (j’ai nommé Rico) nous sort encore un de ses adages : « on est quand même moins jeunes qu’avant ». Et oui, c’est la dure loi de la nature ! Arrivée en haut, pause photo obligatoire. A noter une petite couche de neige pour entamer la descente, heureusement que nous ne sommes pas parti une semaine plus tôt… quoiqu’on aurait pu tenter le ski ou la luge !

Damien

 Tout le monde sort les bâtons (sauf moi qui me les suit greffés aux mains). Après quelques centaines de mètres de descente, la pause déjeuner s’impose. Damien n’est pas au mieux de sa forme, il ne mange même pas de la tomme que nous avons pris soins d’acheter à Aoste (en même temps que du jambon de pays). Nous reprenons la descente jusqu’à une vallée relativement plate que longe une rivière. Vers 14h00, nous débouchons sur un balcon qui nous offre un superbe panoramique sur le Valsavarenche. Nous y croisons un couple de personnes âgées.

Eric

 Romain engage la conversation, c’est un couple d’Aoste. Ils nous offrent du chocolat et du parmesan, très sympa ! En cours de discussion nous apprenons que le jambon d’aoste n’est pas italien mais qu’il provient du village d’Aoste en France ! Petite pause digestive.

 

Nous poursuivons ensuite notre descente dans les bois le long d’une cascade. Nous quittons d’ailleurs le chemin quelques instants pour mieux profiter de la chute d’eau.

Nicolas

 La cascade prise en photo, on se dirige vers le chemin, deux options se présentent : remonter quelques mètres pour récupérer le chemin de l’aller (choix de Nico), couper et rejoindre le chemin plus bas (Damien, Eric et moi). Et bien je dois dire que Nico a pris la bonne décision ! (parenthèse pour signaler que pendant que j’écris ces mots, Damien s’est bu un verre de Génépi tout seul, le rat !). Couper à travers les bois avec une telle pente, c’était pas gagné. Mais bon, après quelques égratignures et dérapages, on s’en sort, à peu près 10 minutes après Nico…

Romain

 Nous reprenons la descente pour arriver au village de Tignet. Nous tombons tous sous le charme de ces maisons de pierre et de bois surplombant la vallée et avec une vue imprenable sur la cascade. Un lieu potentiel pour monter un futur gîte ?!? Reste maintenant à trouver un endroit pour planter la tente. Trois campings sont indiqués sur la carte. Nous portons notre choix sur Dégioz, qui dispose aussi d’un lieu de ravitaillement. Après renseignement auprès de l’office de tourisme, il n’y a plus qu’un seul camping… près de Tignet que nous venons de quitter. Le détour n’est cependant pas complètement inutile puisque nous pouvons nous ravitailler. On achète donc uniquement l’indispensable : pain, fruits, saucissons…vin et gâteau pour le soir !

La dernière ligne droite pour rejoindre le camping nous semble un peu longue, mais heureusement une bière nous y attend pour nous remettre de cette journée (pas assez fraîche cependant).

Après un repas de pâtes à la sauce tomate (pot emprunter par un Romain à l’arrache à sa coloc), au cours duquel est abordé le débat : quel est l’intérêt de saler les plats ? Nous prenons un repos « bien » mérité.

Nicolas

 

 

Lundi 29 août : Tignet (1610m) – Col della Mento (2795 m) – Refuge Savoia (2532m)

 

 8h45 : départ du camping. On passe le village de Crêton avant de monter de l’autre côté de la vallée par rapport au col Lauson. La montée est paisible, le temps de se chauffer les muscles tranquillement en sous bois.

Deux faits marquants :

-         Un arrêt framboise, et oui petit ravitaillement surprise autour d’une baraque abandonnée. Un bon nombre de framboisiers nous offrent leurs fruits « à point » : un vrai délice !

-         La vue sur le grand paradis (gran paradiso dans la langue locale – 4061 m). Tout blanc évidemment, on voit bien que c’est un 4000 m. Prises de photos (les seules de cette montagne qui sera ensuite constamment dans les nuages).

Sortis des sous bois, nous marchons le long d’alpages surplombant la vallée. Un des plateaux abrite la maison de chasse de Victor Emmanuel II, sans guide, impossible de savoir laquelle…

A noter un passage à travers une charmante bergerie habitée, où un de ces occupants joue une sorte de flamenco sur sa guitare, tout en contemplant un paysage magnifique et attendant de manger la bidoche qui cuit tranquillement sur le barbecue à côté. On se dit qu’il y a des gens plus à plaindre.

Arrive bientôt l’heure de manger. Au menu : jambon, saucisson, tomme, bananes et du pain : un grand classique. On se pose près d’un lac, encore un classique (lac Djouan).

Quoi de mieux pour la digestion que la montée du col della Mento (2795 m).

La suite selon le guide « Nico » ne devrait être qu’un long faux plat descendant vers le col du Nivolet où nous avons le choix entre deux refuges. Bref une formalité… TOUT FAUX !!!

En fait, après être descendu rapidement du col, nous remontons lentement à flanc de montagne vers le Nivolet. Merci Nicolas !!!

Ce sentier semble peu emprunté, nous avons la chance de passer au dessus d’un groupe de chamois. Certains vont jusqu’à poser pour nous, encore une nouvelle pause photos pour les paparazzis du groupe (Rico et Nico).

Damien nous gratifie ensuite de la chute la mieux notée de la semaine. Après que Romain ait glissé une première fois, celui ci se retourne et préviens Damien que le passage est glissant. Damien passe un premier endroit humide et dérape sur la partie qui semblait la plus sèche pour finir sur le cul !

A noter que la vallée en contrebas est très plate, si bien que la rivière qui s’y écoule effectue des méandres monstrueuses. On y observe aussi un village fantôme, constitué de 5 ou 6 maisons en ruine.

On arrive enfin vers le col. On s’arrête au refuge Savoia. Après renseignements, on peut bivouaquer juste au dessus, mais seulement à partir de 19h, parc naturel du grand paradis oblige.

Comme il est à peine 18h00, nous prenons des chocolats chaud au refuge. Un délice !!! Jamais bu d’aussi bon chocolat de ma vie ! Ca contraste avec l’accueil et la conversation des hôtes qui n’es pas terrible.

Sur les panoramiques de la salle à manger, j’apprends que la montagne qui dominait l’arrière plan tout au long de la journée s’appelle le Grand Combin. Il culmine à 4300m et est probablement en Suisse.

On plante ensuite les tentes. Nico et Damien vont se laver dans le lac en contrebas. Eric et moi n’en avons pas la volonté. On reste crade, mais je me dis que la couche de crasse ne sera pas de trop pour résister au froid de la nuit.

Au menu du soir : soupe, pâte à la sauce tomate (salée ou pas suivant le goût de chacun). Du luxe ! On se couche tôt vu qu’il fait très froid. Moi qui suis le moins bien équipé, je passe la pire nuit du périple, à lutter contre le froid envahissant mes jambes.

Romain

  

 

 

 

 Mardi 30 août : refuge Savoia (2532m)– col du Nivolet (2612m)– Lac Serru (2240m)– col Caro (3149m)– refuge Caro (2759m)

9h00 : départ, pour changer Eric et Romain sont les derniers à fermer leurs sacs. Nous montons tranquillement les derniers mètres jusqu’au col du Nivolet pour pouvoir changer de vallée. Le temps est dégagé et la vue est superbe. Nous voyons bien vers où doit se situer le col Caro, mais nous n’y voyons que des barres rocheuses !?! Nous descendons ensuite tranquillement vers le lac Serru. Nous préférons couper entre les lacets plutôt que de suivre la route. Romain qui a eu la bonne idée de mettre ces chaussures légères, plutôt que ces grosses chaussures de rando, nous gratifie de superbes glissades … le jury apprécie et lui octroie 5 points (bien loin du show de Damien d’hier cependant).

Le chemin débute en contrebas du barrage. Nous y trouvons une carte qui nous confirme qu’il y a bien un passage récent vers le col Caro, mais n’en précise pas la difficulté… Eric et Romain profitent de toilettes pour se délester de tout surpoids inutile pour cette montée. L’option est bonne, la montée est tout de suite rude. Nous passons à côté d’un petit blockhaus, celui-ci contrôlait peut être l’accès au barrage pendant la seconde guerre mondiale. Cela évoque des idées de jeux tel que « medal of honnor » pour Romain et Damien. La montée se poursuit pour atteindre un chemin qui surplombe le Rio del Caro.

Nous prenons notre pause déjeuner au bord du lac Rocce Grandi. Les bords du lac sont surpeuplés par des têtards entassés les uns sur les autres. Le repas est frugal vu que nous n’avons plus de pain :derniers morceaux de jambon et de fromage, et c’est tout. Nous repartons rapidement dans l’expectative de ce qui nous attend.

Visiblement les personnes qui ont tracé le sentier ne connaissent pas les lacets. Nous montons droit dans une pente bien raide. Nous montons probablement plus que nous n’avançons ! Le bas du glacier occidental du Caro se profile enfin. Il faut ensuite réaliser un travers au milieu des morènes pour accéder à la dernière montée. Nous avons beau approcher, nous ne discernons toujours pas le chemin d’accès, heureusement le sentier est bien balisé. Romain se rend compte après trois dérapages sur des cailloux, qu’il y a en fait de la glace en dessous… nous sommes sur le glacier ! Nous redescendons donc légèrement au niveau d’une zone moins pentue, pour plus de sécurité et pour faciliter notre progression.

Petit proverbe chinois : « c’est au pied du mur, que l’on voit le mieux le mur ». Il est particulièrement adapté dans ce cas ! Damien aperçoit en premier la main courante qui permet d’entamer la dernière montée. Le passage est délicat sur 10m. La montée se poursuit ensuite une fois de plus droit dans la pente. Il n’y a pas de gros « danger » mais la montée est difficile puisqu’il n’y a que des marches. Un point d’interrogation subsiste toujours, par où passe le « sentier » à la fin. Nous ne voyons toujours qu’une barre rocheuse de 25 à 50m en haut.

Des blocs de roches dévalent le glacier qui se trouve sur notre droite : très impressionnant. Ils descendent à grande vitesse avant de rebondir et de s’éclater lourdement sur d’autres rochers.

Nous parvenons enfin en haut de la montée et découvrons le dernier passage : il s‘agit d’escalader 25 à 50m à l’aide d’une main courante. Nos gros sacs ne nous facilitent pas la tâche. J’ouvre la voie et je ne suis pas très fier. Je progresse lentement en prenant bien soin de ne pas regarder en contre-bas et en assurant bien mes prises.

Je me suis rarement senti aussi libéré lorsque j’ai aperçu le panneau du col. Le spectacle que nous offre le col Caro est saisissant. La brume est tombée sur le col, de nombreux cairns sont disposés sur ce plateau, on se croirait presque dans un cimetière. La pression accumulée au cours de l’ascension retombe enfin. Pour marquer notre passage, nous montons également un cairn. Nous voici de retour en France.

La descente s’avère plus tranquille de ce côté. Une fois de plus, un chamois pose sur un promontoire rocheux à notre passage.

Nous atteignons le refuge Caro qui est en travaux cet été, donc fermé. Après avoir planté la tente au bord du lac noir, bain plus ou moins complet dans le lac pour détendre nos muscles et nous décrasser. Romain va jusqu’à plonger dans le lac, mais vu le manque de fond, il s’écorche le pied. Sa témérité est bien mal récompensée.

La température descend vite à cette altitude, nous mangeons des lyophilisés avant d’aller rapidement nous coucher (21h00).

Nicolas

 

 

 

 

 Mercredi 31 août : Refuge Caro (2759m) – Bessans (1732m)

 

Une journée dite de « repos », même si ce ne fut malheureusement pas vraiment le cas. Le réveil au refuge Caro est matinal (7h30), rythmé comme d’habitude par le réveil biologique de Nico. (Je tiens à préciser que j’ai quand même attendu une heure avant de les réveiller, heure pendant laquelle j’ai pu profiter une fois plus de superbes couleurs matinales. Nicolas)

Romain et moi sommes encore les derniers pour faire nos sacs.

La descente se fait sans problème, tout au long d’alpages bien ensoleillés, jusqu’à rejoindre l’Arc qui s’écoule en fond de vallée.

Nous passons ensuite dans le village de l’Ecot, très pittoresque avec ses maisons de pierres. C’est très mignon. Il a été pendant longtemps le plus haut village de France. Hélas, il n’est plus désormais habité que l’été.

De ce village, on rejoint Bonneval sur Arc en longeant des gorges. Il y a même quelques personnes qui les descendent en Canyoning.

C’est l’heure de déjeuner, il faut croire que les lyophilisés d’hier soir nous ont laissés sur notre faim. On craque donc une fois de plus en optant pour le restaurant. Au menu : apéritif de pays (framboises ou myrtilles), tarte au noix et au bleu de Bonneval, salade au bleu de Bonneval et dessert ! Excellent !!!

A partir de là, l’objectif de l’après midi est de trouver un camping. Le sentier de demain repart ensuite de Bonneval en direction du col de l’Iseran. On nous indique que le camping le plus proche est à Bessans. Nous mettons deux heures sur un sentier relativement plat pour y arriver, la fin est un peu pénible. A noter sur le chemin la présence de peintures rupestres représentant des cervidés.

Arrivée à Bessans, l’office du tourisme nous informe que le camping municipal est fermé. Le camping le plus proche est 4 km en amont. L’hôtesse nous dit qu’il y a également un hôtel une étoile vraiment pas cher : « le chamois ». Nous optons pour cette solution. La chambre coûte 50€ pour 6 personnes ! Même si ne nous sommes que 4, c’est moins que ce que nous a coûté notre première nuit en refuge.

Avant toutes nouvelles activités, une douche bien chaude s’impose, ainsi qu’un peu de lessive pour certains. La chambre devient rapidement un vrai bordel. Une petite descente en ville s’organise pour nous ravitailler et pour acheter des cartes postales. Se pose ensuite la question du repas du soir. Une courte discussion s’engage (pas plus de 30s), et nous tombons tous d’accord pour retourner au resto. On est avant tout là pour ce faire plaisir…

Au menu, tartiflettes pour Romain et Moi et crozettes gratinées au Beaufort pour Damien et Nico. Encore une fois, c’est excellent ! Retour à la chambre d’hôtel pour savoir qui va dormir avec moi … vu qu’il n’y a que 3 lits doubles. Au final, Nico lâche le morceau. Je fais donc pour une fois des infidélités à Damien et je dors avec Nico. La nuit est fort reposante pour tout le monde.

Eric

 

 

 

 

Jeudi 1 septembre : Bessans (1732m) – col des fours (2976m) – refuge du fond des fours (2542m)

 

  

Je me lève à 6h45 avec le doux ronronnement de Rico. Je sors discrètement pour aller me balader. Je passe notamment voir à côté le site de Biathlon mis en place pour l’étape du biathlon summer tour, qui a lieu le week-end prochain à Bessans. Ils ont carrément bitumé une partie des pistes de ski de fond. Ca doit être sympa pour y faire du roller. Je prends ensuite la direction du centre de Bessans. Dommage que certains bâtiments récents gâchent l’architecture générale du village, parce qu’ à côté de cela, il reste de sympathiques maisons et d’anciennes fermes en pierres. Je passe également par la boulangerie pour acheter du pain pour le midi et tant que j’y suis, j’en profite pour acheter des croissants et des pains au chocolat pour le petit déj’.

Nicolas

 

On se lève vers 8h00 pour prendre notre petit déj’ dans la chambre à l’aide du réchaud sur la table.

9h25 : plutôt que de refaire le trajet d’hier après midi en sens inverse (ce qui représente un intérêt limité), nous prenons la navette pour Bonneval. 10 minutes plus tard, nous sommes de retour à Bonneval sur Arc. Le chauffeur nous précise que nous sommes ces 4 premiers clients depuis 5h du matin !

Une fois arrivée à Bonneval, on débute la montée vers le pont de l’Iseran, qui s’avère assez rude. Le col des fours est indiqué à 3h. On rentre de nouveau dans le parc de la Vanoise. La progression se poursuit ensuite au milieu des alpages. A notre passage, une grand mère sort de sa maison. Nous la saluons et la discussion s’engage. Elle nous demande où nous allons. A notre réponse : au col des fours, elle rétorque qu’elle y a déjà été plus jeune et que c’est une très belle randonnée. Elle veux ensuite savoir si nous redescendons ensuite sur Bonneval. Dommage que ce ne soit pas le cas, on se demande si ça avait le cas si elle ne nous aurait pas proposé de déguster du lait frais ou du fromage d’alpage…

Le sentier s’élève de nouveau au milieu de gorges. A la sortie de celles-ci, nous apercevons un champ d’Edelweiss au bord du sentier. Nous quittons la vallée qui mène au col de l’Iseran pour bifurquer sur la droite. Nous avançons maintenant dans un paysage lunaire. Ce sont en fait les restes du glacier de la Jave. La forme commence à revenir pour tout le monde, nous ne mettons que 2h30 pour atteindre le lac situé au pied du col. Nous nous y arrêtons pour un déjeuner « classique » : pain, jambon, saucisson, fromage !

Encore 10 petites minutes de montée et nous atteignons le col. On y rencontre une montagnarde qui monte à un très bon rythme, on se rendra ensuite compte que c’est la gardienne du refuge où nous allons.

Seulement une petite heure nous sépare du refuge du fond des fours. Il est 15h00 lorsque nous y posons nos sacs. Il était temps, le ciel c’est couvert entre temps et nous sentons les premières gouttes.

Le problème de savoir si on campe ou pas est vite résolu. La gardienne nous informe que le bivouac est autorisé seulement du 1 juillet au 31 août… et nous sommes le 1 septembre ! Nous nous plions donc au règlement du parc.

On sent que la gardienne s’investie dans le refuge. Celui ci est très bien tenu. Il y a des fiches explicatives sur la faune, sur comment reconnaître un animal à ces traces de pas, … Il y a également de nombreux jeux à disposition.

Mes trois collègues de « galère » optent pour une douche froide. Je ne trouve pas la motivation suffisante.

Vu qu’il est tôt et que la pluie s’intensifie, nous entamons un jeu. On a bien hésité à attaquer un jungle speed, mais vu les ongles de Romain et ma réputation à ce jeu… on opte pour un Uno. Damien est capable d’atteindre un niveau de mauvaise foi presque digne de Mathieu ! En tout cas Nico se voit régulièrement menacé d’un « je vais te pourrir ». Au final c’est moi qui perd cette partie en 1000 points.

Maintenant, c’est le déluge dehors, il tombe de la grêle. Au final ça nous arrange de ne pas avoir planté la tente. Ce qui est impressionnant, c’est que le temps est dégagé au dessus de Val d’Isère un tout petit peu plus bas dans la vallée.

Repas de pâtes une fois de plus. Nico et moi passons pour des gros boulets auprès de la gardienne. A la question, vous mangez quoi comme pâtes ? Nico répond des Fusilli et moi des lustucru… la bonne réponse était à la bolognaise !

Nous reprenons une nouvelle partie de Uno. Elle se poursuit jusqu’à 22h30 ! On a presque plus l’habitude. Nous allons ensuite nous coucher et ce n’est pas la place qui manque… vu que nous sommes seuls.

Eric

 

Vendredi 2 septembre : refuge du fond des fours (2542 m) – Col de la rocheure (2911m) – Val d’Isère (1855 m)

 

 

 

Je me lève vers 7h00, les nuages se sont une fois de plus dissipés et le soleil commence à éclairer la pointe des sommets. Je passe dire un petit bonjour à Léa, la mule qui assure le ravitaillement du refuge, avant d’aller manger un petit morceau en attendant le réveil de mes compagnons d’aventure. J’aperçois deux chamois qui mange tranquillement à proximité du refuge.

Un peu après 8h00, tout le monde commence à émerger. Nous prenons un copieux petit déjeuner avant de nous remettre en route. Après une courte première montée, nous accédons à un plateau au bout duquel on aperçoit le glacier des fours. De nombreux chamois peuplent se territoire sauvage. A notre approche, ils grimpent rapidement dans le pente pour nous observer passer en contrebas. Arriver à proximité du glacier, nous quittons le sentier pour longer les morènes et parvenir au pied du glacier et en avoir une vue globale.

Nous rejoignons ensuite le sentier pour une nouvelle petite montée qui nous amène à un nouveau plateau. Le paysage que nous découvrons est assez étranger. Il s’agit d’une succession de petits lacs et de zones rocheuses de différentes couleurs, avec au fond une vue sur l’espace Killy et encore plus loin une vue sur le mont Pourri et la grande Sassière.

Un léger travers nous mène enfin au col de la rocheure. Celui ci nous propose une vue sur les glaciers de la Vanoise. Pourquoi pas envisagé un futur périple à en faire le tour ? Vu la carte, les possibilités sont multiples.

Pause déjeuner au bord du lac de la rocheure (quasiment à hauteur du col). Je me lance un petit défi et vais me baigner partiellement dans le lac. Vu le manque de fond et l’expérience malheureuse de Romain, je n’ai pas le courage de plonger dedans. Je trouve l’eau « un peu moins fraîche » qu’au lac noir. Petit exercice de ricochet ensuite avant de se remettre en route.

Nous descendons le long du ruisseau du Pisset puis celui de la Calabourdane jusqu’à rejoindre Val d’Isère. Le pentes avoisinantes évoquent des souvenirs de hors piste à Eric et Damien.

Le camping est cet fois-ci bien ouvert. Nous plantons les tentes avant d’aller prendre nos douches. L’eau chaude marche avec un système de jeton qui donne normalement 5min d’eau chaude. Il faut croire que j’ai la main heureuse vu que je bloque le système. Eau chaude illimitée pour moi et Eric qui me suit.

Nous allons ensuite faire quelques courses. Romain achète enfin un pot de Nutella ! Il avait pourtant dit lors de la préparation de la rando qu’il apporterait un grand pot, mais il faut croire qu’il a été un peu à l’arrache… Afin de varier un peu les repas du midi, et « d’équilibrer » notre alimentation, nous achetons pour une fois du pâté à la place du jambon de pays. Par contre on conserve, l’indispensable saucisson et le beaufort !!!

Afin de peaufiner la récupération, après la douche chaude, direction un bar pour une bonne bière ! Val d’Isère ressemble à un village fantôme, presque tous les commerces sont fermés et il n’y a pas grand monde dans les rues. Nous finissons par trouver une terrasse au soleil. Ecriture des dernières cartes postales puis retour au camping.

Au menu du soir : melon, lyophilisés, fromage, yaourt et raisin. Quel bonheur de retrouver le goût de choses simples tels que de simples fruits. Une petite partie de carte est organisée dans la tente. Damien fait une fois de plus preuve de son très grand fair play… il faut dire qu’Eric met en place une technique assez spéciale : il ne cherche pas à gagner mais surtout à ne pas perdre et s’acharne sur celui qui est le plus en difficulté (Damien).

Nous allons ensuite nous coucher. Romain craint de ne pas pourvoir très bien dormir. Il faut dire que nous avons planté la tente juste à proximité d’un lampadaire. Vu le niveau d’insécurité qui règne à Val d’Isère et la fréquentation routière intense, nous avons un peu de mal à comprendre l’intérêt de cette dépense d’énergie !

Nicolas

 

Samedi 3 septembre : Val d’Isère (1855m) – col de la Bailletta (2852m) – lac de la Sassière (2461 m) – col de Picheru (2750 m) – Val d’Isère (1855m)

 

 

 

  

Réveil vers 7h00. Pour le petit déjeuner, le thé est accompagné de quatre-quart au nutella. Le pot y passe presque totalement.

Nous nous mettons en route vers 8h30. Nous commençons par un faux plat montant jusqu’au Fornet, avant d’amorcer une montée beaucoup plus raide jusqu'au col de la Bailletta. La progression est cependant très rapide vu que nous n’avons que deux sacs à dos avec juste des affaires pour la journée. Cela nous change de nos gros sacs dans lesquels nous transportions note « maison ». Damien et moi assurons ce rôle de mini sherpa.

Nous descendons ensuite tranquillement vers le lac de la Sassière pour déjeuner. Le panorama est une fois de plus superbe. A noter un petit concours de lancé de pierres dans le lac au cours duquel Romain assure le show… Il alterne entre les lancés avec un angle de 5° (du coup la pierre s’écrase 10 m devant) et ceux à 75° (qui partent certes haut mais ne vont pas non plus très loin). Au final il n’a pas réussi à atteindre l’eau mais est quand même parvenu à s’arracher le bras.

La digestion commence à peine que nous commençons la dernière montée de notre périple. Direction le passage de Picheru. Ce dernier est niché entre deux arrêtes rocheuses assez impressionnantes.

La descente est raide. Certains passages sont très pentus. Romain et Eric, dont les semelles sont bien usées, éprouvent quelques difficultés au niveau de l’adhérence et se trompe parfois de sport en optant pour le patin à glace. Le sentier passe par moment entre deux arrêtes rocheuses à flanc de montagne.

Arrivée à Val d’Isère vers 15h30, nous passons à l’office du tourisme pour nous renseigner sur les bus du lendemain… et oui il faut hélas songer au retour. Et puis encore une fois nous allons « récupérer » à la terrasse d’un café. Je craque encore plus que les autres, puisque j’accompagne mon verre de cidre (bières pour les autres) d’une crêpe.

Retour au camping pour une petite douche. Reste enfin à réaliser le sommet culinaire que nous espérons atteindre depuis une semaine : une bonne fondue savoyarde. Après un premier apéro dans l’un des seuls bar encore ouvert, nous prenons la direction du restaurant qui semble proposer la fondue la plus complète à un prix « presque raisonnable ». Il faut dire que nous sommes malheureusement très déçu lorsque le caquelon nous est amené. Il y a bien peu de fromage pour 4 randonneurs « affamés ?!? » comme nous. Je crois que Romain et Damien ne sont pas loin de faire un scandale. On y a tellement pensée à cette fondue que nous sommes un peu déçu, même elles est somme toute bonne, juste un arrière goût de pas assez.

Direction la camping pour notre dernière nuit en montagne.

Nicolas

 

Dimanche 4 septembre : retour à Paris et à Toulouse.

 

 

 

 

Nous émergeons tranquillement ce matin là pour nous remettre en route vers 9h00. Le départ du bus étant à 10h00, nous en profitons pour compléter notre petit déjeuner par des viennoiseries. Le bus nous descend ensuite à Bourg d’Oisans. Damien, dont le train devait partir à 11h37, change finalement d’option et prend le même train que nous à 13h30.

Afin d’emmener un morceau de ce beau pays, nous passons par une fromagerie, Damien opte pour du saucisson et Romain carrément pour une grosse tomme entière.

Le repas du midi est pris dans une pizzeria. Celle-ci s’avère d’ailleurs très bonne. J’achète le journal. Nous découvrons alors les ravages opérés par l’ouragan Katrina avec cinq jours de retard.

Le train Corail nous mène ensuite à Chambéry où nos routes se séparent avec Damien. Il prend la direction de Lyon et nous de Paris. Les 3 heures de TGV sont bien longues, après une semaine dans le calme en pleine montagne, un petit troll passe sont temps à nous hurler dans les oreilles sans que sa mère ne fasse aucune remarque. Nous nous plongeons dans la rédaction de ce Road-Book pour faire un tant soit peu diversion.

Le retour à la civilisation et aux « joies » du metro est difficile, mais en tout cas nous avons passé une semaine exceptionnelle.

Nicolas

 

 

 

Parcours

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Rando

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